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AVC : la pollution est l'un des principaux facteurs de risque

La pollution atmosphérique est devenue l'un des principaux facteurs de risque des accidents vasculaires cérébraux (AVC), notamment dans les pays en développement, selon une étude publiée ce 10 juin dans la revue spécialisée The Lancet Neurology.

Rédigé le , mis à jour le

AVC : la pollution est l'un des principaux facteurs de risque
AVC : la pollution est l'un des principaux facteurs de risque

Des études de grande envergure avaient déjà démontré que, parmi les maladies causées par la pollution atmosphérique extérieure, quatre sur dix étaient des AVC. Mais de nouveaux travaux mettent en lumière que, parmi l’ensemble des AVC qui surviennent dans le monde, une part très importante est imputable à cette pollution.

Selon cette étude, les trois quarts des accidents vasculaires cérébraux dans le monde pourraient être évités, en traitant les facteurs de risque comportementaux tels que le tabagisme, une mauvaise alimentation et une faible activité physique.

L'étude porte sur des données collectées dans 188 pays entre 1990 et 2013. Elle s'est penchée sur le "fardeau" de la maladie, c'est-à-dire le nombre de journées perdues à cause d'une mortalité prématurée et des années de vie productives perdues en raison d'incapacités. En passant en revue 17 facteurs de risque, les chercheurs ont découvert qu'environ 90% du fardeau des AVC pouvait être attribué à des facteurs de risques modifiables, essentiellement comportementaux, tels que le tabagisme, une mauvaise alimentation ou la sédentarité.

La part du fardeau attribuable à la pollution a été évaluée, pour l’année 2013, à 33,7% dans les pays à bas et moyens revenus contre seulement 10,2% dans les pays à hauts revenus. En Asie du sud et en Afrique sub-saharienne, la part atteint même 40%, notamment à cause de la pollution de l'air intérieur due à l'utilisation de combustibles solides pour se chauffer ou faire la cuisine.

Dans un commentaire joint à l'article, le Pr Vladimir Hachinski, de l'université canadienne du Western Ontario et Mahmoud Reza Azarpazhooh de Mashhad (Iran) ont jugé "très alarmant" le rôle joué par la pollution dans les AVC. "On savait déjà que la pollution pouvait endommager les poumons, le cœur, le cerveau, mais l'étendue de cette menace semble avoir été sous-estimée", ajoutent-ils.

D’autres facteurs de risques

Chaque année dans le monde, quelques 15 millions de personnes sont touchées par un AVC, 6 millions en meurent et 5 millions survivent avec des handicaps permanents. Outre la pollution atmosphérique, les principaux facteurs de risques connus sont l'hypertension, l'obésité, la sédentarité, le tabagisme, une alimentation pauvre en fruits et légumes et/ou trop riche en sucre ou en sel.

Selon le Pr Valery L. Feigin, de l'Université de technologie d'Auckland (Australie) qui a dirigé l'étude, en contrôlant les facteurs de risques évitables liés au mode de vie "on pourrait éviter près des trois quarts des AVC dans le monde". Il appelle les gouvernement à agir en taxant ou en légiférant sur le tabac, l'alcool, les boissons sucrées ou les graisses saturées. "Tout ce qu'il faut, c'est reconnaître la nécessité d'améliorer la prévention primaire et le bon vouloir des gouvernements", poursuit-il.

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