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Malnutrition : tous les pays sont concernés

Le rapport sur la nutrition mondiale montre que les problèmes de nutrition, notamment l’obésité et les retards de croissance, touchent une majorité de pays dans le monde.

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Malnutrition : tous les pays sont concernés
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140 pays passés au crible : aucun n’échappe à la malnutrition. L’arithmétique du rapport sur la nutrition mondiale 2017 est si simple qu’elle en devient extrêmement troublante. Les trois facteurs les plus significatifs que sont l’obésité, l’anémie des femmes en âge de procréer ou les retards de croissance des enfants touchent tous les pays étudiés, et 88% de ces Etats subissent au moins deux de ces trois fardeaux.

Sans changement radical, aucun des 17 Objectifs de développement durable ne sera atteint d’ici 2030. Pour mieux saisir les enjeux de la malnutrition, voici quatre chiffres à retenir de ce rapport.

Deux milliards de personnes sont en surpoids ou obèses

"Le surpoids ou l’obésité sont en hausse dans presque tous les pays", déplore le rapport. L’objectif de stopper cette augmentation d’ici 2025 a "moins de 1% de chances" d’être rempli. Sans surprise, un tiers des Américains du Nord, hommes ou femmes, ont un indice de masse corporelle (IMC) trop élevé.

Les enfants sont particulièrement touchés par cette crise du poids, qu’ils vivent dans des pays développés ou non. 41 millions d’enfants de moins de cinq ans sont en surcharge pondérale. Le continent africain, moins développé, n’est pas épargné, avec 10 millions d’enfants dans ce cas en 2016.

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Liée également aux mauvaises habitudes alimentaires, la prévalence du diabète se situe entre 6% et 10% dans les régions étudiées, les plus touchés étant les hommes vivant en Asie et les femmes résidant en Amérique latine et dans les Caraïbes. Dans la même veine, la consommation de sodium recommandée, 2 grammes par jour, est constamment dépassée. L’Asie étant la mauvaise élève, avec une moyenne de 4,3 grammes ingurgités par personne quotidiennement, l’Europe suivant avec 4 grammes.

155 millions d’enfants présentent un retard de croissance

Le rapport nous apprend que la proportion d’enfants en situation de sous-nutrition diminue, mais ce progrès reste lent. Pas assez rapide en tout cas pour remplir les objectifs dans le domaine. Aujourd’hui, 155 millions d’enfants de moins de cinq sont en situation de retard de croissance à cause d’une insuffisance alimentaire. Plus problématique encore, 52 millions d’enfants dans le monde sont définis comme étant "émaciés", soit trop léger pour leur taille. "Nous savons qu’un enfant bien nourri a 30% de chances de plus d’échapper à la pauvreté, expose le Pr Jessica Fanzo, citée dans le rapport. Il apprendra plus vite à l’école, sera en meilleure santé et deviendra un contributeur productif au sein de sa société. Une bonne nutrition fournit la « matière grise » pour construire une économie du futur."

Globalement, le problème de la faim dans le monde n’est toujours pas résolu. "815 millions de personnes vont se coucher en ayant faim, détaille le rapport. Elles étaient 777 millions en 2015."

613 millions de femmes en âge de procréer sont en situation d’anémie

De la même façon que pour l’obésité et la sous-nutrition, aucun pays ne semble en mesure d’atteindre les buts fixés pour en finir avec l’anémie des femmes de 15-49 ans. Ce taux d’hémoglobine trop bas est notamment dû à une insuffisance en fer pour une bonne partie de la population féminine, mais aussi en vitamines.

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L’anémie peut affecter le développement de l’enfant et provoquer par la suite des graves problèmes de santé. La situation est parfois gravissime : en Inde et au Pakistan, plus de la moitié des femmes en âge de procréer souffrent d’anémie. Plus étonnant, près d’une femme française ou suisse sur cinq (18%) âgée de 15 à 49 possède un déficit d’hémoglobine. Plus encore que les autres, cette problématique concerne tous les pays.

60 milliards d’euros sur 10 ans sont nécessaires

"Les promesses d’investissement pour améliorer les nutritions doivent être concrètes, pas de la simple rhétorique", tacle le rapport à l’intention des donneurs. Ceux-ci ont augmenté leur contribution en 2015, mais le financement devra être démultiplié pour répondre à l’émaciation, l’anémie et l’obésité. Plus exactement, le rapport propose de tripler l’investissement actuel pour atteindre 70 milliards de dollars en 10 ans (60 mds d’euros).

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