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VIH : un traitement préventif administré aux bébés protège d'une contamination par l'allaitement

Un traitement antirétroviral administré à des bébés allaités par des mères séropositives permet de réduire considérablement le risque d'infection par le virus du sida, selon une étude réalisée en Afrique, publiée ce 19 novembre dans The Lancet. Jusqu'à présent, les recommandations de l'OMS ne portent que sur la prise d'antirétroviraux par les mères, enceintes ou allaitantes.

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VIH : un traitement préventif administré aux bébés protège d'une contamination par l'allaitement
VIH : un traitement préventif administré aux bébés allaités protègent d’une contamination par la mère. (image d'illustration).

L'étude, menée par une équipe française, a permis de montrer qu'un traitement préventif administrait durant 12 mois (soit la période d'allaitement préconisée par l'OMS), permettait de réduire le taux de transmission du VIH à un niveau extrêmement bas (estimé entre 0,4% et 2,5%).

Selon l'UNICEF, sans procédures préventives, de 10% à 20% des nourrissons nés de mères infectées contracteront le virus par l'intermédiaire du lait maternel "s'ils sont nourris au sein pendant deux ans". Le risque "de transmission post-natale du VIH, au-delà de l'âge de six semaines, est estimé à environ 1% par mois d'allaitement".

Ces travaux, réalisés entre 2009 et 2012 dans quatre pays africains (Burkina Faso, Afrique du sud, Ouganda et Zambie), ont porté sur 1.273 enfants nés de mères séropositives. Ces dernières n'étaient pas, à l'époque, éligibles au traitement antirétroviral, leur taux sanguin de CD4 (globules blancs qui constituent la cible privilégiée du virus) ne s'étant pas encore effondré [1].

Deux types d'antirétroviraux ont été évalués (615 enfants ont reçu du lopinavir–ritonavir, 621 du lamivudine). Le taux d'infection dans les deux groupes était similaire : 8 infections dans le premier groupe, 9 dans le second [2].

Prophylaxie : traiter les bébés, pas seulement leurs mères

Depuis 2013, l'OMS recommande que toutes les femmes enceintes ou allaitantes infectées par le VIH soient mises sous traitement quel que soit leur taux de CD4. Mais, relève le Pr Van de Perre, l'un des auteurs, chercheur à l'Inserm/CHU de Montpellier, des études montrent que le traitement de la mère "même parfaitement suivi [...] n'éradique pas complètement le risque de transmission du VIH par l'allaitement". Ce risque résiduel est selon lui, de 0,2% par mois d'allaitement, soit 2.4% si la durée d'allaitement est de 12 mois (soit environ cinq fois moins qu'en l'absence de traitement, voir encadré).

Le Pr Van de Perre observe que, même lorsque le traitement antirétroviral leur est proposé tout au long la grossesse ou l'allaitement, "à peine la moitié des femmes" africaines sont encore sous traitement un an plus tard.

Le risque de transmission perdure tout au long de l'allaitement

Les auteurs de l'étude publiée dans The Lancet observent que "près de la moitié des 17 infections sont survenues après six mois d'allaitement" alors même que l'exposition au VIH était théoriquement plus réduite, du fait "d'un allaitement moins important".

"Ceci confirme que le risque de transmission par l'allaitement est bien présent, même dans les phases tardives de l'allaitement et que donc le traitement préventif doit être administré pendant toute la durée de l'exposition", ajoutent-ils.

L'allaitement maternel peut difficilement être remplacé dans la plupart des pays d'Afrique sub-saharienne par du lait artificiel car il expose à un "risque de mortalité important", notamment en raison de mauvaises conditions d'hygiène pour préparer le lait, note l'Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS), promotrice de l'essai.­

Source : Extended pre-exposure prophylaxis with lopinavir–ritonavir versus lamivudine to prevent HIV-1 transmission through breastfeeding up to 50 weeks in infants in Africa (ANRS 12174): a randomised controlled trial. Nicolas Nagot et coll. The Lancet, 18 nov. 2015. doi:10.1016/S0140-6736(15)00984-8


[1] Ce taux était supérieur à 350 cellules par millimètre cube de sang.

[2] Ce qui ne distingue aucune des deux thérapies d'un point de vue statistique.

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