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Le virus Ebola en cinq questions

Selon les derniers chiffres de l'OMS, le virus Ebola a fait plus de 1.000 morts. La lutte s'intensifie pour endiguer l'épidémie, la plus grave depuis la découverte du virus en 1976.  

Rédigé le , mis à jour le

Le virus Ebola en cinq questions
Le virus Ebola en cinq questions
  • Quel est ce virus ?

Le virus Ebola a été identifié pour la première fois en 1976 au Zaïre (actuelle République Démocratique du Congo). Une fièvre féroce a sévi dans un village bordant la rivière Ebola. Cette première épidémie a fait 318 morts au Zaïre et 284 au Soudan. Les médecins envoyés sur place ont identifié un virus à l'apparence d'un ver, jusqu'alors inconnu.

© CDC
© CDC

Les flambées de fièvre hémorragique provoquées par le virus Ebola surviennent principalement en Afrique avec un taux de létalité de 55% à 60%, selon le CDC (Centers for Disease Control and Prevention). Selon l'OMS, ce chiffre peut parfois atteindre 90%. 

L'épidémie actuelle est la plus grave de l'histoire du virus. C'est ce qui a poussé l'OMS à décréter "une urgence de santé publique de portée mondiale". 

  • Comment se transmet-il ?

Ce virus se transmet à l'homme à partir d'animaux sauvages. Selon l'OMS, les hôtes naturels seraient des chauves-souris frugivores. Le virus se transmet ensuite à l'homme après "contact étroit avec du sang, des sécrétions, des organes ou des liquides biologiques d'animaux infectés. En Afrique, l'infection a été constatée après la manipulation de chimpanzés, de gorilles, de chauves-souris frugivores, de singes, d'antilopes des bois et de porcs-épics retrouvés malades ou morts dans la forêt tropicale", précise l'OMS.

Le virus se propage ensuite dans les populations humaines à la suite de contacts directs avec les liquides biologiques (vomissements, sang…) des personnes infectées ou par l'intermédiaire d'objets contaminés comme des seringues. Les rites funéraires, au cours desquels les parents et amis du défunt sont en contact direct avec la dépouille, peuvent également jouer un rôle dans la transmission du virus.

Il n'y a pas de transmission lors de la période d'incubation qui dure de 2 à 21 jours. Une personne qui ne présente aucun symptôme n'est pas contagieuse.

  • Quels sont les symptômes ?

La maladie se caractérise par l'apparition brutale d'une fièvre supérieure à 38,5°, une faiblesse intense, des douleurs musculaires, des maux de tête et une irritation de la gorge. Ces symptômes sont suivis de vomissements, de diarrhées, d'éruptions cutanées, d'insuffisance rénale et hépatique et, dans certains cas, d'hémorragies internes et externes souvent massives. "La forte mortalité et les signes hémorragiques sont tellement impressionnants qu'il est souvent arrivé que le personnel de santé s'enfuie en abandonnant les patients", selon les propos du docteur Esther Sterk, spécialiste des maladies tropicales pour Médecins sans frontières, et rapportés par Francetv info.

Le sujet atteint reste contagieux tant que le virus est présent dans le sang et les sécrétions. Il peut notamment rester présent dans le sperme jusqu'à sept semaines après la guérison.

  • Comment en guérir ?

Il n'existe pour le moment aucun traitement ni vaccin. Un traitement expérimental a été testé pour la première fois sur l'homme pour de travailleurs de soin qui ont contracté le virus au Liberia. Ce nouveau traitement, baptisé Zmapp et produit par la société de biotechnologie Mapp Biopharmaceutical (Californie), avait auparavant fait ses preuves sur les singes. Face à l'urgence de la situation, les Etats-Unis ont envoyé leurs doses de sérum expérimental au Liberia alors que l'OMS, après avoir saisi le Comité d'éthique, a approuvé l'usage de ce traitement pour l'homme.

Devant la gravité de l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola, la communauté médicale internationale a approuvé, mardi 12 août 2014, l'emploi de traitements non homologués, en premier lieu dans les pays d'Afrique de l'Ouest touchés

L'agence américaine des médicaments (FDA) a quant à elle partiellement levé les restrictions sur un autre traitement expérimental, le TKM-Ebola produit par la firme Tekmira.

Plusieurs vaccins sont en cours d'essais, mais aucun n'a été testé sur l'homme. Les cas graves sont placés en unité de soins intensifs et les malades, déshydratés, doivent être mis sous perfusion.

  • Comment endiguer l'épidémie ?

Malgré l'absence de vaccin ou de traitement, les précédentes épidémies ont été neutralisées grâce à la mise en place de mesures appropriées.  

Pour éviter la transmission du virus, l'OMS préconise la mise en quarantaine des locaux infectés, le cantonnement des animaux, la désinfection systématique des élevages de porcs ou de singes et l'abattage des animaux infectés. L'OMS recommande également pour de ne pas s'approcher des malades et de cuire soigneusement la viande.

Les personnels de santé, les plus exposés, et en contact avec les patients infectés, doivent porter "des gants, une blouse imperméable, des bottes/chaussures fermées recouvertes de guêtres, un masque et une protection oculaire contre les éclaboussures (lunettes ou protection faciale)". Le souci est que les centres de soins ne disposent pas toujours de ce matériel de protection. L'OMS préconise "l'isolement des malades chez qui la maladie à virus Ebola est suspectée ou confirmée".

Par ailleurs, afin d'éviter la propagation du virus, les écoles et administrations de certaines villes ont fermé leur portes, comme au Liberia où l'armée a reçu l'ordre de limiter les mouvements de la population. Deux pays en état d'urgence face au virus, le Liberia et la Sierra Leone, ont placé en quarantaine trois villes de la zone contaminée.

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