Ebola : une urgence de santé publique mondiale pour l'OMS

Alors que l'OMS décrète une "urgence de santé publique de portée mondiale", les mesures exceptionnelles pour combattre l'épidémie Ebola se poursuivent. Trois villes touchées ont été placées en quarantaine et l'agence américaine des médicaments lève ses restrictions pour l'usage d'un traitement expérimental.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Ebola : une urgence de santé publique mondiale pour l'OMS

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé vendredi qu'il fallait considérer l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola qui frappe l'Afrique de l'Ouest comme "une urgence de santé publique de portée mondiale".

L'épidémie d'Ebola qui a fait près de 1.000 morts depuis le début de l'année 2014 est "la plus importante et la plus sévère" en quatre décennies, a souligné dans une conférence de presse la directrice générale de l'OMS, le Dr Margaret Chan.

Elle a estimé que les pays d'Afrique de l'Ouest touchés par l'épidémie : Libera, Sierra Leone, Guinée et Nigeria, "ne peuvent y faire face par eux-mêmes" et a appelé "la communauté internationale à leur fournir le soutien nécessaire".

Le comité a exclu des restrictions sur les voyages internationaux ou sur le commerce international. Mais, a-t-il dit, "les Etats doivent se préparer à détecter et traiter des cas de malades Ebola" et "à faciliter l'évacuation de leurs ressortissants, en particulier les personnels médicaux, qui ont été exposés à Ebola".

Pour éviter la transmission du virus, l'OMS préconise la mise en quarantaine des locaux infectés, le cantonnement des animaux, la désinfection systématiques des élevages de porcs ou de singes ou l'abattage des animaux infectés. Pour les humains, l'OMS recommande de ne pas s'approcher des malades et de cuire soigneusement la viande. Elle recommande au personnel soignant de porter des protections individuelles, notamment des gants et des masques et de se laver régulièrement les mains.

Trois villes en quarantaine

Le jeudi 7 août 2014, deux pays en état d'urgence face au virus, le Liberia et la Sierra Leone, ont placé en quarantaine trois villes de la zone contaminée, fermant des routes et lieux de loisirs, des efforts de plus en plus désespérés pour enrayer l'épidémie.

Au Liberia, l'armée a reçu ordre de limiter les mouvements de la population et contrôlait strictement les accès à la capitale, Monrovia, en provenance des provinces touchées. Des centaines de personnes étaient bloquées par des barrages militaires entre le nord et Monrovia, avant même la déclaration dans la nuit de l'état d'urgence par la présidente Ellen Johnson Sirleaf. Le ministre libérien de la Défense, Burnie Samuka, a officialisé le lancement par l'armée de "l'opération Bouclier blanc", annonçant la mise en place de barrages dans plusieurs localités pour limiter, voire arrêter complètement les déplacements.

Toujours au Liberia, le syndicat des personnels de Santé a menacé de se mettre en grève si le gouvernement ne lui fournissait pas le matériel nécessaire contre Ebola. "Nous n'avons pas de gants, ni combinaisons et autres équipements requis", a déclaré Deemi Dearzrua, secrétaire général du syndicat.

En Sierra Leone, les villes de "Kenema et Kailahun ont été mises en quarantaine", a annoncé un porte-parole du gouvernement, Abdulai Bayratay, ajoutant que cette mesure sera "maintenue le temps qu'il faudra".

La présidence sierra-léonaise a annoncé en outre la limitation de la circulation des motos-taxis pendant la journée et la fermeture immédiate des boîtes de nuit, salles de cinéma et vidéo-clubs. De plus, "les malades d'Ebola qui meurent doivent être inhumés sur le lieu de leur décès", selon la présidence.

Traitements expérimentaux

Face à la plus grave épidémie depuis l'apparition de cette fièvre hémorragique en 1976, avec plus de 930 morts, les appels aux moyens extraordinaires se multipliaient, suscitant une polémique sur l'éventuelle utilisation de traitements prometteurs encore expérimentaux.

L'agence américaine des médicaments (FDA) a partiellement levé des restrictions sur un traitement expérimental de la société canadienne Tekmira. "Cette décision nous permet d'utiliser potentiellement TKM-Ebola chez des personnes infectées par le virus Ebola", estime la firme.

Les recherches effectuées sur des singes a montré une efficacité de 100% de ce traitement - différent de celui donné aux deux travailleurs de santé américains - contre le virus, a précisé Tekmira.

La rapide propagation de l'épidémie en Afrique de l'Ouest qui menace désormais le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, a accéléré le processus visant à mettre sur le marché ces traitements expérimentaux. Mais selon des experts cela pourrait prendre plusieurs mois étant donné les difficultés techniques à produire suffisamment de doses pour faire des essais cliniques.

Il n'existe aucun vaccin spécifique homologué pour la fièvre hémorragique à virus Ebola. Plusieurs sont en cours d'essai et l'Institut américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) a évoqué la possibilité d'un vaccin à la mi-2015.

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Après une période d'incubation de deux à 21 jours, la "fièvre hémorragique à virus Ebola" se caractérise souvent par une brusque montée de température, avec une faiblesse intense, des douleurs musculaires, céphalées et maux de gorge.

Elle est souvent suivie de vomissements, diarrhées, éruptions cutanées, insuffisance rénale et hépatique et hémorragies internes et externes. Les cas graves sont placés en unité de soins intensifs et les malades, déshydratés, doivent être mis sous perfusion.