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Des médecins lancent l'alerte pour garantir l’accès à l’IVG pendant le confinement

Des professionnels de santé demandent l’allongement des délais pour les IVG pendant le confinement. Objectifs : garantir l’accès à l’avortement en période de crise sanitaire et soulager les soignants sous-tension à cause du coronavirus.

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Des médecins lancent l'alerte pour garantir l’accès à l’IVG pendant le confinement
Crédits Photo : © paulthielen on Visualhunt.com / CC BY-NC-SA  

"Il est essentiel de protéger les droits des femmes et de maintenir l’accès à l’avortement." C’est le message principal de la tribune que publie un collectif de médecins et de professionnels de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans Le Monde le 30 mars 2020. En période de crise sanitaire imposée par l’épidémie de Covid-19, ces professionnels demandent la mise en place de mesures d’urgence.

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Moins de soignants, mais autant d’IVG

Même dans un contexte de confinement, l’accès à l’IVG est garanti, rassurent tout d’abord les signataires de cette tribune. Le gouvernement l’a dit : l’IVG reste un "soin urgent". Mais dans les faits, l’accès à l’avortement est restreint "par manque de bras car les soignants sont malades" alors que "le nombre de grossesses non désirées n’a pas diminué", expliquait au micro de France Inter ce 1er avril la docteure Ghada Hatem, gynécologue-obstétricienne, médecin chef de la Maison des femmes de Saint-Denis et signataire de la tribune.

Des IVG médicamenteuses jusqu’à neuf semaines

Actuellement, les IVG médicamenteuses sont donc préférées aux IVG chirurgicales parce qu’elles mobilisent moins de soignants et que "les blocs opératoires de tous les établissements ont été transformés en salles de réanimation" notent les signataires. Les IVG médicamenteuses sont, quand cela est possible, réalisées à domicile pour "éviter le déplacement des patientes".

Problème, le délai légal pour réaliser une IVG médicamenteuse est plus court que pour une IVG chirurgicale. C’est pourquoi, "pour limiter la sollicitation des équipes hospitalières", les signataires de la tribune demandent "que les avortements puissent être autorisés par voie médicamenteuse au domicile jusqu’à neuf semaines d’aménorrhée, soit sept semaines de grossesse" au lieu des sept semaines d’aménorrhée ou cinq semaines de grossesse habituelles. "Cette option est validée par l’OMS (Organisation mondiale de la Santé, ndlr) et ne présente pas de danger particulier" rassurent les professionnels.

Des aspirations jusqu’à 16 semaines

Qu’en est-il des IVG chirurgicales ? A l’heure actuelle, elles sont davantage effectuées sous anesthésie locale que sous anesthésie générale pour libérer au maximum les blocs opératoires. Mais dans tous les cas, elles nécessitent l’intervention d’équipes de soignants, déjà mises sous tension par l’épidémie de Covid-19. "Nous souhaitons pouvoir, à titre exceptionnel pendant la durée du confinement, réaliser des aspirations jusqu’à 16 semaines d’aménorrhée, soit 14 semaines de grossesse" au lieu des 14 semaines d’aménorrhée ou 12 semaines de grossesse en vigueur, écrivent donc les professionnels de l’IVG.

Supprimer le délai de réflexion pour les mineures

Autre argument en faveur d’un allongement de ces délais : celui de limiter le risque de dépasser les délais légaux, à cause du confinement qui "complique les possibilités de consultation, en particulier pour les femmes victimes de violence".

Dernière mesure pour laquelle plaide la tribune : la suppression du délai de réflexion de 48 heures imposés aujourd’hui aux mineures avant une IVG, entre la consultation et l’intervention, pour respecter au mieux "la limitation des déplacements des femmes lors de leur IVG".

"Nous sommes prêt(e)s à nous mettre hors-la-loi"

Pour le moment, le ministre de la santé Olivier Véran a exclu la possibilité de changer la loi, même si les signataires ne demandent l’application de ces mesures que pour la durée du confinement. "On ne profite pas de la situation (pour faire passer des revendications), on veut juste aider les femmes dans une période qui est encore plus difficile que d’habitude" précisait la docteur Ghada Hatem sur France Inter.

"Le gouvernement a prouvé qu’il pouvait prendre des mesures rapides dans la période épidémique que nous connaissons. La loi doit aligner les pratiques médicales sur les besoins sociaux " appuient les signataires de la tribune. "Nous y sommes prêt(e)s, et sommes également prêt(e)s à nous mettre hors-la-loi pour appliquer ces trois mesures" concluent-ils.

Toutes les informations sur l'IVG :

Numéro Vert : 0800 08 11 11 ivg.gouv.fr

ivglesadresses.org

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