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Gynéco : que faire contre les irritations intimes ?

Brûlures, picotements, démangeaisons... Les femmes sont toutes, à un moment ou à un autre de leur vie, dérangées par des petits soucis mal placés. À quoi sont dues les irritations intimes ? Qu'est-ce qu'une bonne hygiène ? Quels sont les traitements ?

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Gynéco : que faire contre les irritations intimes ?
Gynéco : que faire contre les irritations intimes ?
Sommaire

Qu'est-ce qu'une irritation intime ?

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent les irritations intimes.

Comment est fait l'appareil reproducteur féminin ? À l'extérieur, on trouve la vulve. La zone vulvaire protège l'entrée du vagin. Plus haut, on trouve le col de l'utérus, et la cavité utérine… Lorsqu'on s'intéresse à l'hygiène intime, il faut distinguer deux zones : la zone interne (vaginale) et la zone externe (vulvaire et péri-anale). L'hygiène intime désigne plus spécifiquement l'ensemble des soins relatifs à l'hygiène des organes génitaux externes.

L'enjeu est de pratiquer ces soins sans mettre en péril l'équilibre naturel de cette zone. Les muqueuses vulvaires et vaginales ont leur propre système de défense. Elles sont colonisées par un ensemble de micro-organismes, qui constituent une flore microbienne naturelle (qu'on appelle la flore saprophyte). Cette flore est composée en majorité d'une bactérie : le bacille de Döderlein, un lactobacille. Le bacille de Döderlein est un peu le "gendarme" de la flore : il est garant du maintien de son équilibre et de son intégrité.

La flore vaginale joue un rôle de barrière de défense efficace des voies génitales qui permet de faire obstacle à la multiplication d'autres bactéries ou levures nocives. Une perturbation du fragile équilibre microbien du milieu vaginal (à cause d'un manque ou d'un excès d'hygiène, de l'usage de produits non adaptés, ou autre…) peut conduire à des infections.

Hygiène intime : les bons gestes

Du bon usage des produits d'hygiène intime

Gels lavants, crèmes apaisantes, lingettes parfumées... Les rayons "hygiène" des supermarchés et des parapharmacies regorgent de produits en tous genres pour la toilette intime. Pas facile de s'y retrouver parmi cette offre très étoffée d'autant que les publicitaires véhiculent des messages qui tendent à rendre indispensables aux yeux des clientes des produits qui ne le sont pas toujours. Alors comment s'y retrouver ? Quels sont les différents produits d'hygiène intime ? Comment les utiliser ? Réponses avec Sandrine Courtier, préparatrice en pharmacie.

  • Hygiène intime : quels produits pour tous les jours ?

Les conseils de Sandrine Courtier, préparatrice en pharmacie :

"Pour l'hygiène intime quotidienne, on peut proposer différents produits, différentes formes. On peut par exemple proposer des mousses qui doivent être utilisées sous la douche et rincées à l'eau. On peut aussi proposer des gels que l'on fait mousser et que l'on rince.

"Il existe aussi des lingettes. C'est une forme nomade que les femmes apprécient quand elles se déplacent. On peut utiliser ces lingettes plus facilement lorsque l'on est en déplacement, il n'y a pas besoin de rincer.

"Les femmes qui ont besoin de ce type de produits sont souvent des femmes qui ont des irritations, des rougeurs, des petites inflammations, des mycoses… Il faut donc éviter tous les produits parfumés qui souvent, sont à l'origine d'irritations ou d'allergie, d'intolérance."

  • Hygiène intime : quels produits en cas de mycose ?

Les conseils de Sandrine Courtier, préparatrice en pharmacie :

"En cas de mycose, on utilise des produits adaptés. Il existe des gels que l'on utilise sous la douche, que l'on rince abondamment à l'eau claire. Mais il ne faut pas utiliser ce type de produit plus de sept à huit jours, le temps du traitement prescrit par le gynécologue. Au-delà, ces produits pourraient être agressifs pour la flore vaginale.

"On peut aussi associer aux gels des ovules et une crème. Les ovules doivent être utilisés après avoir fait la toilette intime, au fond du vagin. Il faut bien penser à mettre une serviette hygiénique car il peut y avoir des écoulements. Il faut répéter l'opération trois jours plus tard s'il n'y a pas d'amélioration.

"Il est bien d'utiliser une crème car très souvent les mycoses sont internes et externes. L'ovule va agir sur la mycose interne et la crème va agir sur les mycoses externes."

  • Hygiène intime : quels produits pour les enfants ?

Les conseils de Sandrine Courtier, préparatrice en pharmacie :

"Souvent la petite fille se plaint de picotements, de démangeaisons, d'irritations qui sont souvent dus à un problème d'hygiène parce que la petite fille ne s'essuie pas correctement, il reste parfois un peu de papier… On peut utiliser des produits d'hygiène intime pendant plusieurs jours sous la douche, que l'on rince abondamment. Mais il ne faut pas habituer les enfants à ces produits. Il faut les utiliser uniquement en cas de besoin."

  • Hygiène intime : quels produits pour les hommes ?

Les conseils de Sandrine Courtier, préparatrice en pharmacie :

"Il n'existe pas de produits d'hygiène intime pour les hommes. Mais on conseille les mêmes produits que pour la femme et en fonction des pathologies, on adaptera le produit.

"Il est très rare que des hommes viennent acheter d'eux-mêmes, de façon spontanée, des produits pour hygiène intime. Les hommes doivent se sentir moins concernés par ce type de produits. Pourtant, ils ont des mycoses, des démangeaisons, des irritations de la même façon qu'une femme."

L'analyse des sécrétions vaginales

Que faire en cas de mycoses à répétition ?

Brûlures, démangeaisons, irritations et rougeurs… Parfois l'intimité féminine peut être mise à rude épreuve. Deux femmes sur trois ont eu au moins une fois une mycose vaginale dans leur vie. Et dans 5% des cas, ces mycoses sont récurrentes.

Certaines femmes ont une flore vaginale particulièrement sensible, un terrain plus propice aux infections et sont sujettes à des mycoses à répétition ou à d'autres pathologies. Dans ce cas, il est indispensable de consulter son médecin et de faire des analyses en laboratoire pour adapter au mieux le traitement.

Grâce à un petit bâtonnet, le médecin prélève un échantillon des sécrétions sur la paroi vaginale. Celles-ci sont ensuite directement envoyées au laboratoire d'analyses afin d'être mises en culture. Ces cultures permettront d'identifier le type de champignon, de levure que la patiente peut avoir. Mais ces analyses permettront aussi de vérifier qu'il n'y a pas d'autres types d'infections.

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