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Covid : les réanimations toujours sous pression

Dans les hôpitaux français, les soignants s’inquiètent de la troisième vague de l’épidémie. Certains d’entre eux remettent en question l’efficacité des restrictions décrétées dans seize départements.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Après un premier week-end "confiné à l'air libre" pour une partie de la France, et un carnaval qui fait polémique à Marseille, la pression continue d'augmenter sur les services de réanimation et des médecins se font peu d'illusion sur une baisse de l'épidémie de Covid-19 à court terme.

En règle générale, ce n'est qu'au bout de quinze jours que de nouvelles mesures sanitaires peuvent faire baisser les entrées de malades infectés par le coronavirus à l'hôpital.

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Des restrictions inefficaces ?

Certains médecins doutent même que la nouvelle et complexe panoplie de restrictions change quelque chose. Elle a été mise en oeuvre ce week-end pour environ 21 millions d'habitants dans seize départements en région parisienne, dans les Hauts-de-France, en Normandie et dans les Alpes-Maritimes.

"Le fait que les gens soient dehors ne m'inquiète pas (...), le problème c'est que les points sur lesquels on aurait dû freiner ne sont pas là", a expliqué, sur LCI, l'épidémiologiste et chef du service parasitologie à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, Renaud Piarroux, en citant notamment "tout ce qui est lié au travail".

Explosion des cas

Avec encore 30.581 nouveaux cas de Covid-19 comptabilisés le 21 mars par Santé publique France, la moyenne de la semaine passée s'élève à plus de 29.000 cas par jour, contre 23.900 la semaine précédente. 

Le 21 mars, plus de 4.400 patients atteints par le virus étaient soignés dans des services de réanimation, un chiffre qui continue de progresser et se rapproche du pic de la seconde vague de l'automne (4.900). 

Mais l'Ile-de-France, les Hauts-de-France et la région Provence Alpes-Côte d'Azur sont déjà saturés. En région parisienne, ce pic de la seconde vague avait déjà été atteint le 15 mars, avec 1.152 patients. Sept jours plus tard, le chiffre a encore augmenté, avec 1.295 malades.

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Des soignants inquiets

Stéphane Gaudry, professeur de médecine intensive et réanimation à l'hôpital Avicenne (Bobigny), a témoigné sur Twitter :

Ce gériatre hospitalier et cette infirmière font eux aussi part de leur inquiétude :

L’espoir des vaccins

Si la vaccination représente la seule issue à la crise sanitaire, ce n'est pas à court terme.

"D'ici mai ou juin, on attend une réduction de 50% des hospitalisations par rapport à une situation sans vaccin. Mais tout dépend du contrôle de l'épidémie: diviser par deux, c'est très bien, mais ça ne nous mènera pas loin si les courbes s'envolent!", avait expliqué le 21 mars Arnaud Fontanet, membre du conseil scientifique, qui prévoit un "impact réel" à "l'été".

La campagne a permis de faire baisser drastiquement les morts en Ehpad, mais près de 2.000 personnes infectées par le Covid-19 sont encore décédées la semaine dernière, portant le total en France à plus de 92.000 morts.