Covid : le confinement le week-end est-il une mesure efficace ?

L’Île-de-France et les Hauts-de-France pourraient adopter un confinement le week-end. Dans les Alpes-Maritimes et le Pas-de-Calais déjà confinés, certains indicateurs pourraient donner l'espoir d'une relative efficacité de cette mesure.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le
Image d'illustration. Nice (Alpes-Maritimes), ville confinée le week-end depuis le 26 février 2021.
Image d'illustration. Nice (Alpes-Maritimes), ville confinée le week-end depuis le 26 février 2021.  —  Crédits Photo : © Shutterstock / Evannovostro

Un confinement le week-end permet-il de faire chuter les chiffres du covid ? Alors que l’Île-de-France et les Hauts-de-France pourraient voir cette nouvelle mesure entrer en vigueur cette semaine, que sait-on de son efficacité ?

Les exemples du littoral des Alpes-Maritimes et de l’agglomération de Dunkerque, confinés le week-end depuis le 26 février, et celui de l’ensemble du département du Pas-de-Calais, confiné le week-end depuis le 6 mars, donnent des éléments de réponse.

Pas de changement d’incidence…

Guillaume Rozier, ingénieur et fondateur du site d’analyse de données CovidTracker, a analysé la situation dans une série de tweets postés le 17 mars au soir.

Premier constat du jeune spécialiste : si on ne regarde que le taux d’incidence (nombre de cas pour 100.000 habitants), "on n’observe pas grand-chose de particulier".


© Guillaume Rozier - CovidTracker

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… Mais une baisse du taux de positivité

Mais attention. Cet indicateur peut facilement comporter des biais. Car si moins de personnes se font tester pendant une semaine, le taux d’incidence baisse, et cela ne signifie pas pour autant que le virus circule moins. De même, si davantage de personnes se font tester, le taux d’incidence grimpe. Autrement dit, plus on teste, plus on trouve de cas et moins on teste, moins en trouve.

C’est pour cela que Guillaume Rozier a regardé un autre indicateur : le taux de positivité, c’est-à-dire la proportion de tests positifs dans l’ensemble des tests. Ici, "on observe un baisse une dizaine de jours après la mise en place de la mesure", constate le spécialiste.


© Guillaume Rozier - CovidTracker

La situation est en revanche mois claire pour l’agglomération de Dunkerque. Concernant le taux d’incidence, qui était supérieur à 1.000 cas pour 100.000 habitants fin février, il se trouve désormais "entre 500 et 1.000". "Mais on ne sait pas s’il est passé de 1.001 à 999 ou alors de 2.000 à 500, ce qui est bien différent…" regrette l’analyste. Quoi qu’il en soit, "dans le département de Dunkerque (le Nord), le taux de positivité ET le taux d’incidence sont en hausse, ce qui n’est pas bon signe" remarque-t-il.

Des effets sur les hospitalisations ?

Qu’en est-il des éventuels effets du confinement le week-end sur les hospitalisations et les admissions en réanimation ? "Rien de particulier à dire" pour le fondateur de CovidTracker. "Peut-être une légère baisse des admissions à l’hôpital depuis une semaine dans le 06 (Alpes-Maritimes, ndlr), la courbe du 62 (Pas-de-Calais, ndlr) est trop instable pour tirer des conclusions."


© Guillaume Rozier - CovidTracker

Pas de preuve d’efficacité

Conclusion ? Pour Guillaume Rozier, il semble "difficile avec les données disponibles de conclure à un effet marqué du confinement le week-end". Avec une précision toutefois : ces chiffres ne sont "pas une preuve d’inefficacité de la mesure, mais une absence de preuve d’efficacité, ce qui est différent".

Les chiffres des prochaines semaines permettront d’observer un éventuel effet du confinement le week-end. En attendant, à l’échelle nationale, plus de 38.500 nouveaux cas de covid ont été enregistrés pour la journée du 17 mars, l’incidence a progressé de 14% en une semaine et le nombre d’admissions en réanimation de 8%.