Covid : des caissons hyperbares pour retrouver du souffle

A Toulon, l'hôpital militaire Sainte-Anne, mène un essai clinique pour mesurer l'efficacité de l’oxygénation des patients covid par immersion dans un caisson hyperbare.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Augmenter le taux d'oxygénation

Il faut s'équiper d'une cagoule pour entrer dans la salle d'opération. Comme dans un sous-marin, la pression dans le caisson augmente progressivement au rythme de la plongée. Parallèlement, l’opérateur propulse de l’oxygène dans la cagoule du patient. Il procède par palier d’un mètre par minute pour éviter tout accident. 

La séance dure une heure. Pour le responsable de l’étude, ce processus est le meilleur moyen d’augmenter le taux d'oxygénation du sang. " L'oxygène va se dissoudre et se concentrer dans le sang. La concentration en oxygène va être 15 fois supérieure à la concentration de la pression atmosphérique, il y a un effet d’oxygénation qui est majeur."

Caisson hyperbare : un double avantage

"On sait que le covid au niveau pulmonaire va créer une inflammation très importante qui va altérer les échanges entre les poumons et le sang. On sait que l’oxygène hyperbare a des propriétés justement anti inflammatoire et puis le fait de réoxygéner va permettre de limiter la réplication du virus", précise l'opérateur.

Mais pour cela, l’oxygène hyperbare doit être administré dès les premiers jours de la maladie. C'est le cas de Michèle. Il y a un mois, touchée par le Covid, elle a été hospitalisée en urgence puis inclut dans l’étude. "On a l’air qui nous vient devant, c’est de l’oxygène on le sent bien, on respire bien.  Je me sentais mieux dans le caisson c’est certain que quand j’étais dans le lit avec le petit truc dans le nez, les lunettes, je ne sais pas comment ça ça s’appelle. Et je serais bien restée une demi-journée dans le caisson mais sans la bulle",  témoigne Michèle.

Pour vérifier scientifiquement ces effets positifs sur les patients covid, l’étude a aussi inclus un groupe contrôle traité uniquement par oxygénation classique.  Les résultats de l'étude sont attendus pour le mois de juin.