Les vêtements de seconde main sont-ils vraiment des nids à microbes ?
Acheter ses vêtements d'occasion est à la fois économique et écologique. Mais est-ce vraiment hygiénique et que risque-t-on pour sa santé ?
Par Christophe Mercier-Thellier
Rédigé le
Ces dernières années, le marché de l'occasion a explosé : sept Français·es sur dix déclarent avoir acheté des vêtements de seconde main l’an dernier. S'il s'agit d'un mode de consommation vertueux pour la planète et plus économique, il pose certaines questions d'un point de vue hygiénique.
Selon une étude publiée en 2024 dans la revue Journal of Hospital Infection, les textiles sont de formidables réservoirs à microbes. Ils abritent en effet des bactéries cutanées, des champignons, et parfois même des virus qui peuvent survivre bien plus longtemps qu’on ne l’imagine.
Infections, punaises de lit... mythe ou réalité ?
Les exemples de contaminations les plus courantes sont celles des parasites. Le micro-insecte de la gale par exemple peut survivre jusqu’à trois jours hors de la peau humaine, dans les fibres textiles. Les punaises de lit sont quant à elles les championnes de la survie : elles peuvent rester en dormance des mois dans une couture de jean.
Par ailleurs, les textiles peuvent aussi transmettre des bactéries comme le staphylocoque doré. Ainsi, des chercheurs de l’Université de Plymouth ont montré que ces bactéries peuvent persister plusieurs semaines sur du coton ou du polyester.
Enfin, les vêtements peuvent aussi transmettre des champignons. Les spores de champignons responsables des dermatophytoses (comme la teigne ou le pied d’athlète) sont en effet extrêmement résistantes et survivent très bien dans des vêtements même secs.
Comment savoir si des vêtements d'occasion sont propres ?
Si vous ne pourrez jamais avoir de certitudes quant à la propreté d'un vêtement, il existe néanmoins des astuces pour vous aiguiller. En friperie physique par exemple, regardez l'état général de la boutique. Si elle sent le "renfermé" ou le "moisi", fuyez. C’est le signe d’un taux d’humidité élevé, propice à la prolifération de champignons. Pour ce qui est des plateformes de vêtements d’occasion, privilégiez les vendeurs qui précisent "lavé avant envoi". Il faut ensuite systématiquement inspecter les emmanchures, les traces de transpiration (ce sont des nids à bactéries) et les coutures intérieures pour traquer les déjections noires des punaises de lit.
Le lavage, un passage obligatoire
Une fois votre pull vintage acheté, ce n'est pas terminé ! Si vous achetez en main propre ou en friperie, mettez vos trouvailles dans un sac plastique hermétique dès la sortie du magasin. En effet, cela permettra d'éviter que d'éventuels parasites ne colonisent votre sac à main ou votre voiture durant le trajet. Ensuite, une fois arrivé chez vous, le sac ira directement dans la machine à laver ou dans le congélateur. Il ne faut jamais mettre les vêtements sur le lit ou le canapé.
En effet, l'étape cruciale est celle du lavage des vêtements. Elle permettra d'éviter tout risque de contamination. Voici les astuces clés :
- Le lavage à 60°C pendant 30 minutes, c'est le seuil au-delà duquel vous éliminez la gale, les punaises de lit et la plupart des bactéries.
- Le sèche-linge pendant 20 minutes et à haute température, il s'agit de votre meilleur allié. La chaleur sèche est radicale contre les parasites.
- Pour les matières fragiles comme le cachemire, mettez-les dans un sac congélation au congélateur pendant quatre jours à -18°C. Le froid intense tuera les larves et les parasites.
- Le défroisseur vapeur à haute pression est une excellente solution pour les vestes et les manteaux qui ne passent pas en machine.
Vous l'aurez compris, la seconde main est une excellente initiative écologique, à condition de respecter un scrupuleux protocole sanitaire. Ainsi Il faut traiter chaque vêtement d'occasion comme s'il était contaminé par défaut.