Virus du Nil occidental : ce qu’il faut savoir sur cette infection

La fièvre du Nil occidental est une maladie virale transmise par les moustiques. Le plus souvent, elle est bénigne et n’entraîne pas de symptômes. Mais des formes sévères, potentiellement mortelles, existent.

La rédaction d'Allo Docteurs
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Rédigé le , mis à jour le

Fièvre du Nil occidental, infection par le virus West Nile (WNV) ou par le virus du Nil occidental (VNO)… plusieurs noms existent pour désigner cette maladie présente en France depuis les années 1960. 

Comment se transmet le virus du Nil occidental ?

Le moustique de genre Culex est vecteur du virus du Nil occidental.
Le moustique de genre Culex est vecteur du virus du Nil occidental.  —  Le Magazine de la Santé

Le virus du Nil occidental appartient à la famille des arbovirus, comme les virus de la dengue, du Zika ou de la fièvre jaune. Il est transporté par les oiseaux migrateurs et se transmet par les piqûres de moustique.

Lorsqu’un moustique pique un oiseau infecté, il s’infecte lui-même, et peut contaminer l’humain qu’il pique ensuite. La fièvre du Nil occidental est donc une zoonose, c’est-à-dire une maladie qui se transmet d’un animal à l’humain. Contrairement à la dengue ou au Zika transmis par le moustique tigre (Aedes albopictus), le virus du Nil est transmis par 75 espèces de moustiques, principalement des moustiques du genre Culex et Aedes.

L’humain, comme le cheval, peuvent attraper cette infection s’ils sont piqués par un moustique porteur du virus. D'autres vertébrés peuvent servir de réservoir. Mais ils ne peuvent pas transmettre cette maladie, même par l'intermédiaire d'un moustique qui piquerait une personne infectée.
De rares cas de transmission interhumaine existent lors de transfusions sanguines, de transplantations d’organes, de cellules ou de tissus, ou de la mère à son enfant pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement. 

Dans les zones tempérées comme la France, la transmission de la maladie est saisonnière durant les saisons la plus chaudes de juin à novembre, période d'activité des moustiques.

En raison du risque de transmission par le sang, l’exposition au virus du Nil occidental est une contre-indication au don du sang.

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Virus du Nil : quels sont les symptômes ?

La période d'incubation est le plus souvent de 2 à 6 jours, mais pourrait s'étendre de 2 à 14 jours.


80 % des personnes infectées ne déclarent aucun symptôme : elles sont asymptomatiques. Les 20 % restants développent des symptômes après une période d’incubation qui peut varier de deux à 14 jours. Il s’agit de symptômes évoquant un syndrome grippal avec de la fièvre qui apparaît brutalement, des maux de tête, une fatigue et des douleurs articulaires et musculaires. 

Une éruption cutanée, des nausées, des vomissements et un gonflement des ganglions peuvent également avoir lieu. 

Le diagnostic de l’infection au virus du Nil se fait par une analyse sanguine et/ou une analyse du liquide cérébro-spinal prélevé par ponction lombaire. Il consiste à détecter soit le matériel génétique du virus, soit les anticorps fabriqués par le système immunitaire de l’organisme en réaction au virus.

Quels sont les dangers du virus du Nil ?

Dans de rares cas (environ un cas sur 100), la maladie se présente sous une forme sévère avec des troubles neurologiques comme une méningite, une encéphalite, une méningo-encéphalite, des paralysies ou un syndrome de Guillain-Barré. Les symptômes regroupent alors des maux de tête, une forte fièvre, une raideur de la nuque, une désorientation, des tremblements, des convulsions, une faiblesse musculaire voire un coma. 

Ces formes neurologiques sont plus fréquentes chez les personnes de plus de 50 ans et les personnes immunodéprimées. 

Le diagnostic se pose grâce à une sérologie (prise de sang, à la recherche d'anticorps) ou d'analyse du LCR, liquide céphalorachien, recueilli grâce à une ponction lombaire.

Est-ce que le virus du Nil est mortel ?

L’infection au virus du Nil peut, chez les personnes fragiles, être mortelle.
Les scientifiques évaluent son taux de mortalité entre 2 et 4 %.

Comment se protéger du virus West Nile ?

Les trucs qui marchent pour se protéger des moustiques  —  Le Magazine de la Santé

La protection contre la fièvre du virus du Nil occidental passe surtout par la prévention des piqûres de moustiques puisque ce sont ces insectes qui transmettent la maladie. 

Dans une zone où le virus circule, il est donc important d’éliminer les eaux stagnantes à proximité des habitations, lieux de ponte des moustiques et de développement des larves de cet insecte. Il faut notamment vider l’eau qui stagne dans les soucoupes des plantes, dans les arrosoirs ou dans les gouttières. L’utilisation de moustiquaires aux fenêtres, aux portes ou en protection des lits et des berceaux est également recommandée. 

Contre les piqûres de moustique, il est par ailleurs important de porter des vêtements amples et longs, d’utiliser des répulsifs cutanés et des insectifuges de tissus pour les rideaux et les vêtements et de limiter les activités en extérieur aux heures où les moustiques sont les plus actifs. Les serpentins et diffuseurs électriques peuvent aider.

Virus du Nil : les traitements

Il n’existe pas de traitement spécifique contre le virus du Nil occidental. Les traitements prescrits sont uniquement symptomatiques, destinés à soulager les symptômes grippaux. 

Pour les cas les plus graves avec atteinte neurologique, une hospitalisation en réanimation avec assistance respiratoire est parfois nécessaire. 

À ce jour, il n’existe pas de vaccin pour l’humain. 

Où est-il présent ?

Le virus du Nil a été identifié pour la première fois en 1937 en Ouganda, dans le district de West Nile, ce qui lui a donné son nom. Au cours du XXe siècle, il a été responsable d’épidémies en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie occidentale et en Europe centrale et du Sud.

Il est apparu en Amérique du Nord en 1999 et s’est rapidement propagé sur le continent, du Canada au Venezuela. En 2012, aux Etats-Unis, une importante épidémie de fièvre du Nil occidental avait causé 89 morts et conduit le Texas à déclarer un état d’urgence

En France métropolitaine, le virus du Nil occidental est régulièrement présent sur le pourtour méditerranéen. En 2000, 76 chevaux de Camargue ont été contaminés. Sept cas humains et quatre cas équins ont été recensés en 2003 dans le Var. Puis une épidémie plus importante a eu lieu en 2018 : le virus a circulé pendant cinq mois, au cours desquels 27 cas humains ont été enregistrés dans les régions Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Corse et Occitanie. La même année, plusieurs centaines de cas avaient été recensés en Grèce et en Italie. 

En effet, depuis 2010, la circulation du virus en France et en Europe semble s’intensifier. Comme les moustiques ne sont actifs sur le territoire métropolitain que de juin à fin novembre, l’infection au virus du Nil occidental y est néanmoins saisonnière. 

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