Traque aux zoonoses, les épidémies de demain

Chauve-souris, pangolins, visons… Les recherches se multiplient pour traquer les nouveaux virus et bactéries et anticiper les futures épidémies. Chaque année, sur cinq nouvelles maladies infectieuses détectées, trois sont d’origine animale.   

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le

Un dromadaire… en plein test PCR. La vidéo a fait le tour du monde. Si l’image peut prêter à sourire, le sujet est on ne peut plus sérieux. D’après le groupe d’experts de l’ONU sur la biodiversité, les zoonoses –maladies transmises par les animaux- seront de plus en plus fréquentes et dangereuses. Les explications de Farah Kesri, vétérinaire et journaliste.

Le dromadaire est l’hôte intermédiaire d'un coronavirus qui provoque un syndrome respiratoire appelé le MERS. Il est apparu en 2012 en Arabie-Saoudite. S'il ne ressemble au Sars-Cov 2 qu’à 52%, il reste bien plus dangereux car ce virus provoque le décès d'un malade sur trois. Il est donc très surveillé notamment au Kenya où la consommation de lait et viande de ce camélidé a augmenté ces dernières années. 

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MERS et Sars-Cov-2 : un mariage dangereux ?

Les scientifiques locaux craignent en effet l’apparition d’une nouvelle épidémie : une maladie provoquée par la hausse du nombre élevages de dromadaires liée à la circulation accrue du Sars-Cov-2.

Les virus mutent et le MERS ne fait pas exception. Si une cellule est infectée par deux virus ARN différents, par exemple le MERS et le SARS-Cov-2, ils peuvent se recombiner entre eux et créer un nouveau virus respiratoire. Nul ne peut prédire si le mariage des deux virus sera plus dangereux que les originaux.

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L’Amazonie : un « laboratoire à ciel ouvert »

Certains épidémiologistes affirment que l’apparition d’un nouveau virus en Amazonie serait imminente. Pour les chercheurs de la Fondation Oswaldo Cruz de Manaus, l'équivalent de l’Institut Pasteur, le pays est devenu un « laboratoire à ciel ouvert ». Ils s'inquiètent évidement de circulation dramatique du variant dit « brésilien » du Sars-Cov-2 mais aussi du rapprochement de l’homme et des animaux sauvages.

Deux activités largement répandues au Brésil favorisent ce phénomène : le trafic d’animaux sauvages et la déforestation.

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Trafic d’animaux sauvages

Le plus grand risque provient du trafic d’animaux sauvages. D’après le site faunesauvage, 38 millions d'animaux sont extraits de la jungle amazonienne chaque année, pour un montant de revente de 2 milliards de dollars.

La déforestation quant à elle implique la création de zone passerelle entre l’être humain et les animaux sauvages. Quand des fermes d’élevages ou des cultures sont installées sur d’anciennes zones de forêt, en lisière de celle-ci, la faune sauvage se rapproche inexorablement de l’homme et de son assiette. Le bétail peut alors devenir l'hôte intermédiaire d’agents pathogènes inconnus. 

Au Brésil, les chercheurs déplorent une politique trop peu préoccupée par cette problématique. Le manque de moyens financiers reste le principal frein à une veille sanitaire efficace. 

Rien que le mois dernier, l’équivalent de trois fois la surface de Paris a été déboisé dans le pays.

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