Des chiens ont été intoxiqués après avoir bu l'eau du fleuve.
Des chiens ont été intoxiqués après avoir bu l'eau du fleuve.

À Bali, on abat les chiens pour lutter contre la rage

Une vidéo sur Youtube soulève de vives critiques à Bali (Indonésie). On y voit des chiens apeurés gémissant avant de s'effondrer les uns sur les autres. La raison ? Les autorités du pays entendent lutter contre la rage en supprimant en masse les animaux sans propriétaires.

La rédaction d'AlloDocteurs
La rédaction d'AlloDocteurs
Rédigé le , mis à jour le

Derrière les plages de sable fin et les paysages paradisiaques, l'une des destinations touristiques favorites des Français cache des aspects plus sombres.

Tout commence avec une première vidéo, mise en ligne durant le mois d'avril 2014, qui provoque aujourd'hui plus que jamais l'indignation des défenseurs de la cause animale, à Bali et ailleurs. On peut en effet y voir plus d'une trentaine de chiens aboyer de terreur avant de recevoir une injection létale et tomber les uns sur les autres, pris de convulsions.

Cette scène qui dure seize minutes, est difficilement supportable (Youtube l'a d'ailleurs soumise à un avertissement pour les mineurs). Elle entend dénoncer les pratiques du pays concernant le traitement des chiens qui n'appartiennent à personne, comme il est clairement indiqué dans la description : "Il doit y avoir une solution autre que de tuer 200.000 chiens. Il faut cesser cette cruauté !"

Puis une autre vidéo montrant les mêmes scènes de cruauté a été publiée le 23 juillet dernier, dépassant les 40.000 vues en trois jours. Cet intérêt vif du public pour la cause animale à Bali remet en question le comportement des autorités dans leur lutte contre la rage.

Cependant, ces dernières ne comptent pas changer leurs pratiques décriées : "Les chiens abattus ont été amenés illégalement (à Bali). Dans de tels cas, nous essayons de retrouver les propriétaires pour leur rendre (les chiens) et de nous assurer qu'ils sont vaccinés. Mais quand ils n'appartiennent à personne, nous devons les abattre", a déclaré à l'AFP Putu Sumantra, chef des services sanitaires des animaux à Bali.

Pourtant la PETA (association de défense des droits des animaux) n'en démord pas : ces actes doivent cesser, et mieux vaut privilégier la vaccination que l'élimination. En effet, dans un communiqué, l'association indique que "des groupes locaux de défense des animaux ont mis en place avec succès des programmes de vaccination, et le nombre d'humains affectés par la rage a considérablement chuté".

Depuis 2011, parallèlement à ces massacres, une campagne de vaccination de masse des chiens a été mise en place par le gouvernement indonésien associé à l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) pour éradiquer la rage. Plus de 300.000 animaux ont ainsi été vaccinés, ce qui a permis de faire chuter drastiquement le nombre de décès parmi les humains qui ont contracté le virus à Bali. Le pays est passé de 11 cas de rage par mois en 2010 à un seul l'année suivante. La baisse n'a ensuite cessé de se poursuivre pour atteindre un seul cas en 2013.

Par ailleurs, pour les touristes se rendant en Indonésie – et plus particulièrement sur l'île de Bali, où plusieurs dizaines de cas de rage sont recensés chaque année - le ministère de la Santé recommande de se vacciner contre la rage, ainsi que d'adopter une attitude prudente vis-à-vis des animaux (en particulier les chiens, les singes et tout animal errant). Il est donc déconseillé de les approcher et de les caresser. Toutefois, si une morsure a tout de même lieu, il est nécessaire de nettoyer la plaie à l'eau et au savon puis de consulter un médecin.

Une pétition lancée sur la plateforme change.org appelant à mettre fin à cet abattage massif, a déjà recueilli plus de 20.000 signatures.

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