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La fibromyalgie, plus fréquente en cas de violences sexuelles ?

La fibromyalgie serait plus fréquente en cas d'abus sexuel. Les médecins doivent y prêter davantage attention pour adapter la prise en charge.

Rédigé le , mis à jour le

La fibromyalgie, plus fréquente en cas de violences sexuelles ?
La fibromyalgie, plus fréquente en cas de violences sexuelles ?

"Le corps agressé parle, il exprime une souffrance physique et psychique !" assène d'emblée le Dr Nathalie Regensberg De Andreis, généraliste, auteure d'une intervention sur le thème des violences sexuelles et de la fibromyalgie aux 6èmes Assises sur les violences sexuelles le 7 janvier 2019. C'est un sujet méconnu mais très fréquent."

La fibromyalgie touche 2 à 6% de la population et 9 femmes pour 1 homme.  Ce syndrome provoque des zones douloureuses (classiquement au moins 11 sur les 18 points préétablis) ainsi que des symptômes tels qu'une grande fatigue, des troubles du sommeil, des troubles digestifs et urinaires, des symptômes anxieux ou dépressifs. Leur fréquence et leur intensité sont variables suivant les patients.

Une fréquence augmentée de la fibromyalgie

Ces dernières années, des études épidémiologiques ont montré une augmentation de certaines affections en cas d'antécédent de violences sexuelles : "Comme le montre l'étude du Dr Jean-Louis Thomas, il y a une augmentation du risque de pathologies psychiques et physiques : cancers, maladies inflammatoires et immunitaires, infections, pathologies psychiatriques, détaille la généraliste. La douleur, surtout chronique, est surreprésentée." Ainsi la fibromyalgie est-elle plus fréquente chez les victimes d'une agression sexuelle, même si les études sont rares et doivent être confirmés par des travaux indiscutables. Comme le rapporte l'auteur de plusieurs études sur le sujet, le Dr Winfried Haüser, un abus sexuel pourrait constituer une prédisposition à la fibromyalgie, tout en précisant le caractère non systématique et non obligatoire de ce facteur favorisant.

Une prise en charge sur le long terme

"Une prise en charge partielle est vouée à l'échec, affirme le Dr Regensberg De Andreis. Il appartient aux soignants de savoir écouter le corps agressé pour poser un diagnostic, accompagner un traitement, dépister et traiter les violences sexuelles." D'après le médecin, il faut penser systématiquement aux violences et poser la question dans tout interrogatoire médical, a fortiori en cas de fibromyalgie, en sachant qu'il faut parfois du temps, voire plusieurs années, aux patients pour répondre à la question... "Le tout est de montre que nous, soignants, on est capable d'entendre cette réponse...", relève avec justesse le Dr Regensberg De Andreis.

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La prise en charge est complexe et fait appel à plusieurs champs thérapeutiques : les médicaments sont insuffisants et la kinésithérapie est primordiale, avec une réadaptation à l'effort progressive, qui reste sous le seuil douloureux mais qui permet de remettre le corps en mouvement. L'exercice physique adapté est en effet la seule recommandation ayant fait formellement ses preuves. La relaxation, l'acupuncture et l'hypnose, le traitement des troubles associés, les ateliers thérapeutiques (utilisant par exemple l'escrime) et les thérapies comportementales et cognitives à certains moments, complètent la prise en charge.

 

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