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Aïe, j'ai mal au cou !

Il a un nom presque poétique, mais il fait mal. Mal à s'en tordre le cou. Il s'agit du torticolis. Il existe plusieurs types de torticolis liés à l'anatomie particulière du cou. Qu'est-ce qui provoque un torticolis ? Comment le soigner, comment le prévenir ? Peut-on en avoir un à vie ?

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Aïe, j'ai mal au cou !
Aïe, j'ai mal au cou !
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Le torticolis sous toutes ses formes

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent le torticolis

Le torticolis est une contracture musculaire du cou qui touche principalement les adultes entre 20 et 35 ans. Mais les personnes plus âgées ne sont pas complètement à l'abri, et les enfants non plus.

Le cou est formé de sept vertèbres cervicales, dont la première est appelée Atlas. C'est sur cette vertèbre que repose l'occiput, la base du crâne. L'empilement de ces vertèbres forme une courbure, elle permet des amplitudes de 180° en rotation. De chaque côté du cou, on trouve les deux artères carotides, les veines jugulaires ainsi que d'autres vaisseaux. Plusieurs muscles viennent se superposer. L'un d'entre eux, le muscle sterno-cléïdo-mastoïdien s'insère par l'une de ses extrémités sur le sternum, et de l'autre sur la mastoïde (os situé à proximité de l'oreille).

Le plus souvent, c'est la rétraction de ce muscle qui est à l'origine du torticolis. Cette contraction peut parfois concerner le muscle du trapèze. En tout cas la douleur peut survenir suite à un mauvais mouvement ou une mauvaise position lors du sommeil. Au réveil, les muscles de la nuque sont durs, le cou est fléchi du côté atteint et la tête est tournée du côté opposé. Les mouvements de la tête deviennent douloureux. Dans certains cas, la douleur peut irradier jusque dans le dos ou les bras.

Le torticolis peut aussi être d'origine neurologique. Le rachis cervical protège le haut de la moelle épinière ainsi que les nerfs crâniens innervant les membres supérieurs. Le nerf spinal par exemple contrôle des mouvements des muscles du cou et de l'épaule. Quand il est irrité de façon continue, il peut provoquer des contractions répétées des muscles du cou : c'est le torticolis spasmodique. Les vertèbres peuvent aussi être à l'origine de torticolis, quand il fait suite à un déplacement de vertèbres. Les surfaces articulaires de la vertèbre ne correspondent plus (luxation). Une anomalie qui est généralement secondaire à une contracture des muscles situés près des vertèbres de chaque côté du cou.

 

 

Torticolis aigu : comment réagir ?

Vous vous réveillez avec le cou bloqué, impossible de tourner la tête… C'est probablement un torticolis. Que faut-il faire ? Que vaut-il mieux ne pas faire ? Voici quelques conseils pour réagir efficacement.

  • Le premier réflexe

Ne cherchez pas à vous débloquer le cou avec des mouvements d'assouplissement. La douleur ne ferait que s'accentuer. La prise d'antalgiques type paracétamol suffit le plus souvent à soulager, le temps que le torticolis disparaisse.

  • Quand faut-il aller consulter ?

Rien ne sert de se précipiter aux urgences, ni même chez le médecin. Dans la plupart des cas, le torticolis passera tout seul dans les 48 heures. Si la douleur et la gêne traînent un peu, n'hésitez pas à aller consulter votre généraliste qui pourra vous prescrire des médicaments plus puissants, un collier de mousse et vous prescrire quelques séances chez le kinésithérapeute. Le cas échéant, il peut aussi vous orienter vers un ostéopathe. L'application de chaleur permet de soulager la douleur et de dénouer un peu les muscles.

  • Quels médicaments prendre ?

Attention à l'automédication ! Le paracétamol, c'est un bon réflexe, mais surtout ne cédez pas à la tentation d'aller piocher dans la pharmacie de la maison si ça ne vous suffit pas. La prise d'antalgiques et d'anti-inflammatoires ne peut se faire qu'avec la prescription d'un médecin. 

  • Quand aller chez l'ostéopathe ?

Une visite chez l'ostéopathe peut régler le problème très rapidement. Néanmoins, inutile de prendre immédiatement rendez-vous si c'est une première fois, ou s'il s'agit d'un cas très isolé. Mieux vaut être préalablement passé entre les mains de son généraliste, et disposer d'une radio du rachis cervical.

  • Faut-il rester chez soi ?

À moins d'une douleur insupportable, rien n'interdit d'aller travailler ou de vaquer à ses occupations habituelles. Exception faite pour le sport, déconseillé jusqu'à la disparition des douleurs.

  • Que faire pour les enfants ?

Entre 4 et 12 ans, il survient le plus souvent au détour d'un traumatisme. En cas de fièvre associée, la consultation chez le pédiatre est impérative. Dans les autres cas, le torticolis cède habituellement en 48 heures. Et si ce n'est pas le cas, le pédiatre prescrira peut-être une mise en traction : un système de poids suspendus au cou fait céder le torticolis en 24 à 48 heures, en supprimant la contracture musculaire. Cette dernière sera faite dans un service spécialisé.

  • Que faire pour les personnes plus âgées ?

Passé 60 ans, en cas d'apparition soudaine d'un torticolis, une consultation et quelques examens s'imposent afin de déterminer la nature exacte de la douleur.

L'ostéopathie : une solution au torticolis

Les ostéopathes sont parmi les mieux placés pour vous débarrasser d’un méchant torticolis. Sébastien a régulièrement recours à l'ostéopathie

Comment soulager cette douleur au niveau du cou ? En matière de torticolis, l'ostéopathie peut apporter un soulagement. En attendant la consultation, il faut mettre au repos la nuque en s'allongeant le plus possible ou en portant un collier de mousse. La chaleur a des vertus relaxantes, un bain chaud ou l'application d'une poche de chaleur peut soulager les douleurs. Un antalgique ou un relaxant musculaire complète le traitement.

 

Le torticolis permanent

Stéphanie souffre d'un torticolis spasmodique depuis plusieurs années

Imaginez un torticolis permanent, le cou coincé et collé à l'épaule, c'est le torticolis spasmodique. Même s'il porte le nom de torticolis, le torticolis spasmodique est une maladie bien à part. Il ne retourne pas du domaine de la rhumatologie mais de celui de la neurologie.

Cervicalgie : le recours aux injections de cortisone

Si cette technique d'infiltration est assez répandue, certains médecins émettent aujourd'hui des doutes quant aux risques éventuels qu'elle comporte.

Lorsque les symptômes du torticolis s'installent durablement, ça peut être le signe d'une cervicalgie chronique. Auquel cas, les séances chez le kiné ou l'ostéopathe ne suffisent pas. Certains médecins proposent alors aux patients d'en passer par une infiltration pour soulager la douleur.

 

En savoir plus

Questions/Réponses :

* Les réponses avec le Dr Patrick Gepner, rhumatologue à l'hôpital Foch (Suresnes)
** Les réponses avec le Pr. Christian Mazel, chirurgien orthopédiste à l'Institut mutualiste Montsouris (Paris)

Dossiers :