Insuline : quel est le rôle de cette hormone ?
Il n'est pas rare d'entendre dire que l’insuline ferait grossir, qu’elle serait responsable du diabète ou du stockage des graisses. Mais qu'en est-il réellement ? Les explications de la Dre Diana Kadouch, médecin nutritionniste.
Par Dr Diana Kadouch
Rédigé le
Insuline : hormone amie ou ennemie ?
Le Mag de la Santé - France 5
À quoi sert vraiment l'insuline ? Sans l'insuline, on ne peut en réalité tout simplement pas vivre. Elle est fabriquée par le pancréas et son rôle principal est d’agir comme une clé : elle permet au sucre présent dans le sang, le glucose, d’entrer dans nos cellules pour leur fournir de l’énergie. Les cellules fonctionnent alors comme une serrure et l’insuline fait office de clé qui ouvre la porte.
Dès la première bouchée, le pancréas détecte la hausse de la glycémie et libère l’insuline. Le processus est crucial car il faut bien comprendre que ce glucose est le carburant de notre cerveau et le moteur de nos muscles : c'est l'étincelle qui nous permet de bouger et de réfléchir. Sans elle, le sucre reste dans le sang et abîme progressivement nos tissus par un phénomène de "glycation". C’est-à-dire un effet de "caramélisation", qui abîme les artères et les nerfs, pendant que nos cellules, elles, s'épuisent à attendre une énergie qui n'arrive jamais.
Pourquoi l'insuline a-t-elle mauvaise réputation ?
L’insuline est une hormone de survie, de construction, de réparation. Chez l’adulte, elle maintient le métabolisme stable. Le problème ne vient pas de l'hormone en soi, mais de ce qu'on lui demande de faire. Imaginez une clé que l'on force dans la serrure plus d'une quinzaine de fois par jour. Elle est en fait victime de notre mode de vie.
Lorsque l'on mange trop souvent des produits ultra-transformés, des sucres rapides ou des boissons sucrées, le pancréas doit envoyer des doses massives d'insuline. Or l'insuline a une autre mission : lorsque les cellules n'ont plus besoin d'énergie, elle prend le surplus de sucre et le transforme en graisse de réserve. C'est pour cette raison qu'elle nous fait prendre du poids, et que certains lui attribuent directement la responsabilité de cette prise de poids.
À long terme, le corps finit par saturer : c'est ce qu'on appelle "l'insulino-résistance". À force d'entendre l'insuline frapper à la porte, les cellules deviennent "sourdes". Elles ne répondent plus. Le pancréas doit produire toujours plus d’insuline pour se faire écouter et obtenir le même effet. C’est à ce moment-là que l’insuline, pourtant bénéfique au départ, devient le marqueur d’un déséquilibre métabolique : prise de poids abdominale, fatigue, développement d’un prédiabète, voire d'un diabète de type 2, etc.
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Comment maintenir une production d'insuline normale ?
Pour renverser la tendance, et "calmer" son insuline sans s'affamer, il faut agir sur trois points :
- L'ordre des aliments : commencez le repas par des fibres, avec les légumes, puis les protéines, et enfin les féculents. La montée du sucre est alors bien plus lente. Les fibres agissent sur deux fronts. D’abord, elles forment un "filet" sur votre paroi intestinale pour diminuer l’absorption du sucre. Ensuite, elles ralentissent la vidange gastrique. L’estomac met donc plus de temps à se vider, ce qui permet de libérer l'énergie au compte-gouttes ;
- Éviter de grignoter entre les repas : si votre pancréas doit envoyer des microdoses d'insuline dix fois par jour pour chaque petit biscuit, il s'épuise et finit par stocker davantage. Si vous avez faim dans l’après-midi, faites un vrai goûter structuré, avec des amandes et un fruit, qui sont riches en fibres plutôt que de picorer toute la journée ;
- Bouger après les repas : une marche de dix minutes suffit amplement. Vos muscles vont consommer le sucre directement, sans même avoir besoin de solliciter l'insuline !