Infirmier, il se reconvertit en libraire

De nombreux infirmiers quittent l'hôpital après des années dédiées au service public. Thomas Laurent, l'un d'eux dénonce les conditions de travail dégradées qui ont eu raison de sa vocation.

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L'hôpital est en difficulté, de nombreux services sont touchés par des fermetures de lits mais pas en raison d'une saturation, cette fois-ci ce sont les bras qui manquent.

D'infirmier à libraire

C’est dans une librairie parisienne que Thomas Laurent, 36 ans, passe désormais ses journées. Il travaille entre les cartons, les palettes et les stocks de livres, loin du tumulte de l’hôpital. Il y a encore 1 an, il portait la blouse d’infirmier en service post-urgence dans un hôpital Lyonnais. "J’ai toujours aimé les livres et les bandes-dessinées, en discutant avec mes libraires, à force d’échanges, j’ai eu envie de tenter cette expérience-là et je me suis lancé", explique Thomas Laurent, employé de librairie.

Après une formation d’un mois et demi, l’employé a vite trouvé un poste. Ici, il travaille du lundi au vendredi avec moins de pression et des horaires fixes. Ce sont les conditions de travail qu’il recherchait.  

C'est toujours un travail en équipe, mais dans un environnement plus calme.  Thomas a vite trouvé sa place auprès de ses collègues. "Ça s’est super bien passé, c’est un poste extrêmement important pour nous de s’occuper des cartons, de tous ces arrivages de livres. Quelqu’un d'organisé, de logique, de rapide et de sérieux, c’est extrêmement précieux. On est très heureux de ça et de la manière dont il travaille", explique Simon Gémon, libraire.

Loin du stress de l'hôpital

"Je ne travaille plus la nuit, je ne finis plus très tard le soir, je ne travaille plus les week-ends ni les jours fériés. Au niveau du rythme de vie, c’est une grosse différence avec cette dernière décennie", commente Thomas.

"Que ça soit ma famille ou mes proches, on me dit que ça faisait longtemps qu’on ne m’avait pas vu heureux de mon travail. C'est quelque chose qui donne un sentiment agréable parce que je me dis que j’ai vraiment bien fait de changer", conclut Thomas.

17h00. C'est la fin de la journée pour l’employé. Dans son appartement, il y a peu de traces de sa vie d’avant. Thomas garde tout de même quelques souvenirs dans un dossier.   

Le Covid, la goutte de trop

C’est en pleine vague de covid que l’infirmier claque la porte de l’hôpital. Il a souffert de la mauvaise gestion des équipes, c'est ce qu'il déplore particulièrement.

"On fait au-delà de notre tâche puisqu'on travaille quand-même avec des êtres humains. C’est dur de dire à quelqu’un"non, vous n’aurez pas les médicaments, non vous n’aurez pas votre toilette et non on ne vous changera pas votre protection", parce qu’on est en sous-effectif. Par défaut, on est maltraitant, c’est quasiment impossible de faire son travail correctement", confie Thomas. 

Thomas est désabusé, il ne supportait plus de travailler dans ces conditions. Seule une reconversion professionnelle était possible à ses yeux.

Aujourd’hui, même s’il gagne 800 euros de moins que lorsqu’il était infirmier, Thomas assume pleinement son choix. 

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