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Mort subite du nourrisson : continuer la prévention

En France, chaque année, environ 400 à 500 enfants décèdent de mort subite du nourrisson. Cette expression désigne tout décès d'un nourrisson, entre la naissance et l'âge de 2 ans, survenant sans que rien ne le laisse prévoir. Difficile d'avoir des chiffres précis sur ces évènements car les certificats de décès sont établis avant les autopsies et ne rendent pas toujours compte des multiples facteurs expliquant la mort inattendue du nourrisson.

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Mort subite du nourrisson : continuer la prévention
Mort subite du nourrisson : continuer la prévention
Sommaire

Les causes de cette mort inattendue

Le témoignage d'Emmanuel et Christelle

La première cause de mortalité chez les nourrissons

La mort subite est médicalement appelée "mort inattendue du nourrisson". Elle reste la première cause de mortalité des bébés avant l'âge de un an.

Qu'est-ce que c'est ? Il s'agit du décès brutal d'un nourrisson, jusque-là considéré comme étant en bonne santé, dans son sommeil. 

90% de ces décès ont lieu avant l'âge de 6 mois. Au-delà, le risque diminue mais il persiste jusqu'à 18 mois.

Qu'est-ce qui est responsable de la mort subite du nourrisson ?

On a longtemps pensé que l'apnée était responsable de la mort subite. On croyait que certains nourrissons oubliaient de respirer pendant leur sommeil. Depuis les années 80, cette théorie a été abandonnée.

Une étude publiée le 2 février 2010 dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) démontre le rôle de la sérotonine dans la mort subite du nourrisson. Les bébés qui décèdent de ce syndrome sécrètent de la sérotonine à bas niveau. Cette substance chimique est responsable de la transmission des messages entre les cellules cérébrales et joue un rôle essentiel pour la respiration, le rythme cardiaque et le sommeil.

Attention aux mauvaises conditions de couchage. Elles peuvent avoir des conséquences dramatiques. La façon de coucher l'enfant et l'environnement de la chambre seraient responsables de plus de la moitié des cas de mort subite.

Parmi les facteurs aggravants, il faut ajouter le tabagisme passif, notamment pendant la grossesse. Il entraîne un retard dans la maturation du cerveau ; ces bébés ont alors moins de réflexes et sont donc plus souvent victimes de mort subite. Après la naissance, il est important que les parents ne fument qu'en dehors de la maison.

Mort subite du nourrisson : la prise en charge en centre de référence

Ce centre aide les parents à traverser cette épreuve douloureuse.

Les recherches se poursuivent. Le corps médical, accueil avec les associations, continuent de chercher les causes de ces décès.

Des centres de référence permettent de prendre en charge les parents et les accompagner dans cet instant douloureux. Il en existe une trentaine en France, environ un pour chaque grande région, généralement rattaché au Centre Hospitalier Universitaire (CHU).

Les campagnes de prévention mises en place en France dans le milieu des années 90, ont permis de réduire le nombre de morts subites de près de 75 %. On est passé de 1.500 décès en 1994 à environ 400 à 500 aujourd'hui, mais bien des cas de décès pourraient encore être évités.

Les bons gestes pour prévenir la mort subite du nourrisson

Prévention des risques et conseils en maternité.

Le grand enjeu autour de la mort subite du nourrisson, particulièrement brutale et culpabilisante pour les familles endeuillées, est d'essayer d'en comprendre les causes. Aujourd'hui, on sait que plus d'un tiers des décès des enfants de moins de six mois sont dus à un sommeil dans un environnement non sécurisé : couchage sur le ventre ou sur le côté ou encore literie non adaptée. La mortalité infantile a tout de même largement baissé grâce à une campagne en faveur du couchage sur le dos menée dans les années 90, mais il faut poursuivre cet effort de prévention.

Dès la maternité, les professionnels de santé rappellent les bonnes pratiques de couchage et de portage aux nouveaux parents pour préparer sereinement le retour à la maison. Le nourrisson est également surveillé de près lors de ses premiers jours de vie.  

Lors de leur séjour en maternité, les bébés subissent divers examens de routine pour évaluer ses fonctions vitales, neurologiques et musculaires. Le tonus musculaire du nourrisson se développera peu à peu mais en attendant pour éviter tout risque d'asphyxie, il est impératif de le coucher sur le dos. Cette règle de prévention et bien d'autres conseils sont abordés lors des réunions d'information en maternité.

Quelques conseils donnés aux parents pour le couchage :

  • éviter que le lit soit encombré de nombreux doudous ;
  • ne pas mettre d'oreiller ;
  • ne pas surélever le matelas ;
  • éviter les tours de lit (il arrive parfois que l'enfant se retrouve derrière le tour de lit) ;
  • ne pas surcouvrir l'enfant ;
  • aérer régulièrement la chambre.

Quelques conseils donnés aux parents pour le portage, notamment le bon usage de l'écharpe :

  • il est important que le porteur ne soit pas trop couvert pour qu'il soit à l'aise ;
  • ne pas trop couvrir le bébé qui peut avoir rapidement chaud donc un petit risque d'hyperthermie ;
  • la tête de l'enfant doit être bien dégagée, le vérifier en passant deux doigts entre le menton et le sternum de sorte que l'enfant ne soit pas gêné dans sa respiration ;
  • le nez du bébé doit aussi être bien dégagé ;
  • le porteur doit toujours être bien vigilant.

Une vigilance accrue, l'implication des professionnels de santé et le couchage sur le dos ont réduit le nombre de morts subites du nourrisson de près de 75% depuis les années 90.

Mort subite du nourrisson : où en est la recherche ?

Au CHU de Saint-Etienne, une équipe de chercheurs s'intéresse au système nerveux des bébés. Leur but : mieux comprendre son impact sur leur système cardiaque et respiratoire pour dépister un jour les bébés "à risque".

Le système nerveux autonome contrôle le fonctionnement de notre coeur et de nos poumons. Il se compose de deux branches issues soit du tronc cérébral situé sous le cerveau, soit des régions autour des vertèbres. C'est l'équilibre entre la branche parasympathique dite de freinage et la branche sympathique d'accélération qui régule notre fréquence cardiaque. Chez le nourrisson, ce système d'ajustement est encore en maturation et peut être mis en défaut dans certaines conditions.

L'objectif des chercheurs est de vérifier si les fonctions des bébés hospitalisés sont assez matures pour qu'il puisse rentrer à la maison en toute sécurité mais aussi recueillir des données types pour la recherche.

En trois ans, l'équipe de chercheurs a enregistré l'activité cardiaque de près de 300 bébés de poids normal mais aussi quelques prématurés. Ils en ont tiré une courbe qui décrit la maturation de leur système nerveux depuis la naissance jusqu'à l'âge de 2 ans. Elle pourrait servir de gabarit pour mieux cerner des profils à risque de mort subite.

Les résultats de l'étude menée au CHU de Saint-Etienne sur la variabilité cardiaque des bébés et les risques de mort subite seront publiés courant 2015.

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