Former des Infirmiers en Pratique Avancée, une urgence pour l'hôpital

Et si les Infirmiers en Pratique Avancée (IPA) permettaient de compenser la pénurie de médecins ? Ces professionnels peuvent assurer le suivi médical de nombreux patients grâce à une formation complémentaire de deux ans.

Géraldine Zamansky
Rédigé le , mis à jour le
Actu : infirmière en pratique avancée, un nouveau métier
Actu : infirmière en pratique avancée, un nouveau métier  —  Le Mag de la Santé - France 5

Amaël Marneur présente aujourd’hui à ses élèves infirmiers le diplôme tout neuf d’infirmier en pratique avancée (IPA). Il nécessite deux années d’études supplémentaires à la faculté de médecine. 

"On ne sera jamais médecin, on n'a pas cette prétention, mais on peut aller un peu plus loin dans nos pratiques infirmières. On va sur un autre champ de compétence qui est intéressant et qui permet vraiment d'accompagner le patient jusqu'au bout", explique Amaël Marneur, Infirmière en Pratique Avancée au centre hospitalier de Saint-Malo.

Protocole strict et accord du patient

Ces compétences sont très précisément définies par un décret du 18 juillet 2018. Un infirmier en pratique avancée peut seulement s’occuper de patients qui lui sont confiés par un médecin, avec un protocole précis détaillant ce qu’il peut faire et uniquement avec l’accord du patient. 

À l’hôpital de Dinan, ce sont des patients atteints d’un cancer du poumon qui sont accompagnés par une infirmière en pratique avancée. Sa consultation doit établir si le patient peut ou non recevoir le traitement prévu. 

"On ne peut pas initier de nouveaux traitements, par contre on peut arrêter, modifier ou poursuivre un traitement déjà instauré par un oncologue. Cela concerne les chimiothérapies, l'immunothérapie et tous les traitements en lien avec la maladie cancéreuse", précise Coralie Bozec, infirmière en pratique avancée au centre hospitalier de Dinan.

Faire des ordonnances, se servir du stéthoscope

Les IPA peuvent faire des ordonnances d’anti-douleurs par exemple. Ils peuvent également se servir d'un stéthoscope, d’habitude réservé au médecin.  
 
"Au début c'était assez difficile parce qu'on a pas du tout l'habitude en tant qu’infirmière, de pratiquer l'auscultation, l'examen clinique", commente Coralie Bozec.

Une différence de salaire de 80 euros seulement

Pour dépister la moindre complication, protéger la qualité de vie du patient, il faut du temps. L’arrivée de Coralie Bozec dans l’équipe a vraiment contribué à améliorer ce suivi."Elle voit des patients en même temps que nous, ce qui nous permet d'avoir beaucoup plus de temps pour chaque patient. On divise quasiment le travail en deux donc c’est urgent d’avoir de plus en plus d’infirmières en pratique avancée", confie la Dr Marianne Le Garrec, pneumologue au centre hospitalier de Dinan.

Mais les volontaires risquent de manquer. Car pour l’instant, à l’hôpital, la différence de salaire entre les infirmières en pratique avancée et leurs collègues n’est que de 80 euros.  

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