États-Unis : la Cour suprême s'apprête à annuler le droit à l'avortement

La Cour suprême des États-Unis est sur le point d'annuler un arrêt historique reconnaissant depuis près d'un demi-siècle le droit à l'avortement, selon un projet de décision qui a fuité, faisant l'effet d'une bombe à Washington.

La rédaction d'AlloDocteurs avec AFP
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États-Unis: la Cour suprême s'apprête à annuler le droit à l'avortement
États-Unis: la Cour suprême s'apprête à annuler le droit à l'avortement  —  Shutterstock

Le droit des femmes à disposer de leur corps est une nouvelle fois en danger aux États-Unis. Alors que l'État de l'Oklahoma vient tout juste de réduire l'accès à l'IVG à six semaines (28 avril), c’est désormais tout le pays qui est concerné par un recul sur l’accès à l’avortement

Le site d'informations Politico, s'appuyant sur une fuite inédite de documents, a révélé que la Cour suprême des États-Unis étaient sur le point d’annuler le droit à l'avortement.

Ainsi, si ce projet est retenu, les États-Unis reviendront à la situation d'avant 1973 quand chaque État était libre d'interdire ou d'autoriser l'avortement.

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“L'avortement constitue une question morale profonde”

Politico a indiqué tard lundi 2 mai s'être procuré l'avant-projet d'une décision majoritaire rédigé par le juge conservateur Samuel Alito.

L'arrêt Roe v. Wade qui, en 1973, a estimé que la Constitution américaine protégeait le droit des femmes à avorter, était "totalement infondé dès le début", selon le document de 98 pages révélé par Politico.

"Nous estimons que Roe v. Wade doit être annulé", écrit Samuel Alito dans ce document, appelé "Avis de la Cour" et publié par Politico. "L'avortement constitue une question morale profonde", estime M. Alito. "La Constitution n'interdit pas aux citoyens de chaque État de réglementer ou d'interdire l'avortement".

Une décision qui reviendrait à chaque État

Compte tenu des importantes fractures géographiques et politiques sur le sujet, une moitié des États, surtout dans le Sud et le centre conservateurs et religieux, devraient rapidement le bannir sur leur sol.

Des responsables démocrates ont dénoncé l'éventuelle décision. Elle constituerait "une abomination, l'une des décisions les pires et les dommageables de l'histoire moderne", ont estimé dans un communiqué conjoint la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer. 
"Si ces informations sont justes, la Cour suprême est prête à infliger la plus forte restriction des droits des cinquante dernières années - pas seulement aux femmes mais à tous les Américains", ont-ils averti.

Ce projet de décision peut faire l'objet de négociations jusqu'au 30 juin.