Deux étudiants sur cinq renoncent aux soins pour des raisons financières

Pour les étudiants, la santé "passe après le loyer, le transport et la nourriture", regrette le syndicat étudiant Fage. Il pointe du doigt le coût des complémentaires, en forte hausse par rapport à l’année précédente.

Mathis Thomas
Mathis Thomas
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La santé mentale des étudiants est particulièrement pointée du doigt
La santé mentale des étudiants est particulièrement pointée du doigt  —  Shutterstock

Cette année, le coût moyen de la rentrée pour un·e étudiant·e non boursier·e s'élèvera à 2527 €”, calcule la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) dans son indicateur annuel du coût de la rentrée. Soit une augmentation de 7,38 % par rapport à l’année précédente. Première dépense à passer à l’as chez les étudiants : la santé.

Selon la Fage, 40 % des étudiants ont renoncé à se soigner depuis le début de la crise du Covid-19, en mars 2020. Parmi eux, 43 % l’ont fait pour des raisons financières, souligne le syndicat, pointant du doigt les frais de complémentaires en forte hausse (+32,21 % sur la dernière année, soit 411 € par an) et le manque de médecins dans les Services de santé universitaires.

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Manque de médecins

Ces centres offrent aux étudiants la possibilité de consulter et s’entretenir avec un professionnel de santé dans leur campus universitaire. Or, ce service est méconnu des étudiants, qui ignorent souvent que des consultations ont lieu au sein de l’université. Le syndicat Fage regrette également le manque de médecins dans ces structures et juge les délais d’attente trop longs.  

Ce manque d’accès aux soins est préjudiciable aux étudiants. “Comment les étudiant·e·s peuvent aspirer à la réussite sans la possibilité de se loger dignement, de s’alimenter correctement, de se soigner, ou encore d’acquérir le matériel pédagogique nécessaire pour étudier ?”, questionne la Fage.

La santé mentale des étudiants en ligne de mire

Pour les prochaines années, le syndicat demande de “faire de la santé étudiante une priorité” et donne des pistes en ce sens. D’une part repenser le modèle des Services de santé universitaires, afin qu’ils deviennent des “réels acteurs de la santé des étudiant·e·s”, en permettant “une offre de prévention et de soins complète sur tous les territoires”.

La Fage demande également le rattachement des étudiant·e·s boursier·e·s à la Complémentaire santé solidaire ainsi que le recrutement de davantage de psychologues au sein des universités. Le dispositif Monpsy permet actuellement de suivre huit séances gratuites avec un psychologue. 

Mais le manque de professionnels reste une problématique majeure dans les campus. “Le nombre de psychologues par établissement doit être multiplié par 10 selon les recommandations internationales”, regrette le syndicat. 

Des consultations psy proposées aux étudiants  —  Le Magazine de la Santé - France 5

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