Décès suspects : sept plaintes visent désormais l'hôpital de Remiront

Sept plaintes ont été déposées contre l'hôpital de Remiremont, dans les Vosges, pour homicides et blessures involontaires. D'autres plaintes seraient actuellement en cours d'examen.

Mathieu Pourvendier avec AFP
Rédigé le , mis à jour le
Fin décembre, la direction de l'hôpital s'était dite "désolée de la situation" et avait mis en avant une "prise en charge selon les règles de l'art"
Fin décembre, la direction de l'hôpital s'était dite "désolée de la situation" et avait mis en avant une "prise en charge selon les règles de l'art"  —  Google Street View : Centre Hospitalier de Remiremont

Fin décembre, le nombre de plaintes visant l'hôpital de Remiremont s'élevait à quatre. Désormais, ce sont sept plaintes qui ont été déposées contre l'hôpital des Vosges, a indiqué samedi 21 janvier à l'AFP le procureur de la République d'Epinal, Frédéric Nahon. Elles font suite à des décès de patients jugés suspects par leurs proches.

Homicide et blessures involontaires

"J'ai ouvert quatre informations judiciaires contre X pour homicide involontaire suite à des plaintes déposées par la famille des victimes, mettant en cause le centre hospitalier de Remiremont", a détaillé le magistrat.    

"Une autre information judiciaire a été ouverte des chefs de blessures involontaires contre X" et "une ouverture d'information judiciaire des chefs de recherche des causes de la mort a été ouverte", a-t-il ajouté.

Le procureur a également déclaré avoir reçu "une autre plainte pour homicide involontaire" pour laquelle une "ouverture d'information (judiciaire) est fort probable". "En tout, cela fait sept procédures", a-t-il résumé.     

D'autres plaintes à venir

Maître Nancy Risacher, qui suit six des sept plaintes, indique à l’AFP être "en train (d'en) rédiger" une huitième pour homicide involontaire.      

Seul l'un de ses clients a, pour l'instant, été entendu par le juge d'instruction, a-t-elle dévoilé.

De plus, Me Risacher a signalé avoir été contactée par "plusieurs autres personnes" et être en train d'examiner ces dossiers pour voir si d'autres plaintes pouvaient en sortir.

"Pas de fautes particulières"

L'avocat de l'hôpital de Remiremont, Me Frédéric Berna, a déploré auprès de l’AFP le "battage médiatique" autour du dossier, jugeant "audacieux de mener une campagne contre l'hôpital quand on sait les difficultés aujourd'hui des hôpitaux français".      

"Il y a des process internes (à l'hôpital) qui pour l’instant démontrent qu'il n'y a pas de fautes particulières et s'il y a des enquêtes pénales, on ira s'expliquer (...) sereinement devant le juge", a-t-il annoncé.      

Fin décembre, la direction de l'hôpital s'était dite "désolée de la situation" et avait mis en avant une "prise en charge selon les règles de l'art". Selon le directeur Dominique Cheveau, ces plaintes vont permettre de faire la lumière sur les faits : "Nous ne demandons qu'à comprendre ce qui s'est passé".  

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Création d'une association de victimes

Angélique Souque, dont la mère est décédée en juillet 2022 à l'hôpital vosgien après une opération du col du fémur, a signifié à l'AFP avoir déposé le 19 janvier les statuts d'une association de proches de patients décédés. Cette association,  baptisée "AJC pour elles" (les initiales d'Angélique et de ses soeurs Jennifer et Céline), a pour but "d'aider, d'assister" et de "fédérer les familles" de patients décédés à l'hôpital de Remiremont, a précisé Angélique Souque. 

Une douzaine de familles de patients devraient y adhérer prochainement, a-t-elle complété. Et l'association recherche également à dépasser le cadre de l'hôpital de Remiremont pour rassembler d'éventuels autres cas de décès suspects de patients ailleurs en France.

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