Dans les coulisses de la convention citoyenne sur la fin de vie

Depuis le 9 décembre dernier, 184 citoyens tirés au sort participent à la convention citoyenne sur la fin de vie. Leur objectif : réfléchir aux moyens de faire évoluer la loi Claeys Leonetti. Immersion au coeur de leurs débats.

Gabriel Bray
Rédigé le
Comment fonctionne la convention citoyenne sur la fin de vie ?
Comment fonctionne la convention citoyenne sur la fin de vie ?  —  Le Mag de la Santé - France 5

C’est le quatrième week-end de réunion à l'Assemblée pour Jean-Philippe Bazot. À 65 ans, ce chef d’entreprise ne s'était jamais vraiment penché sur le sujet de la fin de vie. "Je me suis rendu compte que je connaissais très mal cette loi. Il y a déjà beaucoup à apprendre à son sujet avant d’envisager de la faire évoluer", explique-t-il.

Quant à Laura Chevreau, elle était déjà convaincue, avant l'ouverture des débats. À 29 ans, cette juriste estime qu’il est nécessaire de faire évoluer cette loi :"À l’heure actuelle, elle n’est pas suffisante, car il y a un certain nombre de situations qui sont laissées de côté. Des souffrances qui ne sont pas entendues, la volonté de la personne qui n’est pas nécessairement respectée et ça, c’est quelque chose qui m’interpelle."

Témoignages et réponses d'experts

Comme à chaque rencontre, Laura et Jean-Philippe se retrouvent dans l’hémicycle avec les autres citoyens tirés au sort. C'est l’occasion de questionner des experts concernés par la fin de vie, mais aussi d’écouter des témoignages marquants.

"Il y a forcément des situations qu’on n'a pas vécues, qu’on n'a même pas imaginées et qui amènent de l’eau à notre moulin de la réflexion", confie Jean-Philippe Bazot. 

Religieux, soignants, ou encore politiques se succèdent donc pour éclairer les citoyens. L’objectif est d’apporter un nouveau regard sur la fin de vie

Donner aux citoyens une place centrale dans les débats

"C’est un sujet de société la fin de vie. On ne peut pas avoir un débat comme celui-ci sans impliquer les personnes qui sont engagées dans la fin de vie au quotidien" note Claire Thoury, présidente du comité de gouvernance de la Convention citoyenne sur la fin de vie au CESE. "En tant que citoyens, avoir une place centrale dans ce débat national est la seule solution aujourd’hui pour pouvoir atterrir sur cette question", précise-t-elle.

Place ensuite aux travaux en groupe pour débattre des points à améliorer, garder ou bien compléter dans la loi actuelle."Là, on travaille en petit groupe de trois ou quatre personnes. L’idée est qu’on émette une proposition chacun et ensuite cette proposition sera transmise à un autre groupe qui va la retravailler et l’enrichir", confie Laura Chevreau.

Des conclusions attendues fin mars

Après six semaines de discussions, Laura et Jean-Philippe ont pu avancer sur leurs réflexions."Moi, je n’ai pas changé d’avis, mais ça m’a conforté dans mon positionnement. Dans le fait, qu’il fallait faire évoluer la loi", conclut Laura.

"Toutes les expériences qu'on a écoutées m'ont fait changer certaines de mes opinions", renchérit Jean-Philippe.

Fin mars, Laura, Jean-Philippe et les autres citoyens remettront leurs conclusions au gouvernement. Une première étape avant une possible évolution de la loi actuelle sur la fin de vie.  

Pour participer au débat, rendez-vous sur le site du CESE. Et pour suivre les débats en direct ou en différé, consultez la chaîne youtube du CESE.

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