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Les traumatismes liés à la pratique du football

Le football est le sport le plus pratiqué au monde. Et comme tous les sports, il contient son lot d'accidents et d'urgences. Arrêt cardiaque, traumatisme crânien, entorse, élongation... Petit tour d'horizon des accidents des footballeurs avec le Dr Gérald Kierzek, urgentiste.

Rédigé le , mis à jour le

''Jouer au football : les risques encourus'', chronique du Dr Gérald Kierzek, urgentiste

Le premier accident auquel on pense est l'accident cardiaque. Le football est un sport exigeant au niveau cardiovasculaire. Il demande des réactions et des courses rapides, un footballeur parcourt entre 5 et 7 km au cours d'un match, et l'accident cardiaque peut survenir.

Si les professionnels sont suivis et préparés, ce n'est pas le cas de footballeurs amateurs. Si vous ressentez une douleur à la poitrine, au bras ou à la mâchoire, si vous êtes anormalement essoufflé : arrêtez le match et si la douleur dure plus de 20 minutes, contactez le 15. Il faut éliminer un infarctus. En cas de douleurs qui cèdent spontanément mais réapparaissent à l'effort, adoptez le même comportement et consultez en urgence.

Reconnaître l'arrêt cardiaque 

L'accident ultime est l'arrêt cardio-respiratoire, l'arrêt cardiaque. La victime d'un arrêt cardiaque s'effondre, elle ne répond pas et ne respire pas. Sa cage thoracique est donc inerte. Il faut réaliser trois gestes simples indispensables :

- Appeler ou faire appeler le 15, le 18 ou le 112 en prononçant "Arrêt cardiaque".
- Masser 100 fois/min. Pour cela, appuyer et relâcher alternativement en mettant les mains l'une sur l'autre au milieu de la poitrine.
- Défibriller : les électrodes sont collées sur la poitrine nue de la victime.

Le ministère de la Jeunesse et des Sports a mis en place une aide financière pour les clubs et associations sportives souhaitant acquérir un défibrillateur. En effet, un rapport a montré que chez les sportifs, 45% des morts subites ont lieu sur un terrain de sport. Mais attention, ce n'est pas tant le défibrillateur qui sauve que les gestes de réanimation mis en œuvre. Il faut donc appeler, masser et si possible défibriller.

Des traumatismes très fréquents sur les terrains de sport

Heureusement, l'arrêt cardiaque est exceptionnel. En revanche, les traumatismes le sont moins. Les principaux problèmes rencontrés par les footballeurs sont d'ordre traumatique, essentiellement au niveau des jambes ou de la tête.

La réglementation des tacles (le fait de dévier le ballon alors que celui-ci est dans les pieds d'un adversaire), qui oblige à ne pas toucher l'adversaire, a beaucoup contribué à diminuer les accidents de football, en particulier les fractures du tibia et du péroné. Le port de protège-tibias, obligatoire en compétition, est recommandé pour les entraînements et les matches amicaux. Ils diminuent considérablement les risques de fracture de la jambe.

En cas de fracture, il faut immobiliser dans la position trouvée. On cale avec ce que l'on trouve : coussin, vêtements roulés, etc. En cas de fracture ouverte (un bout d'os sort), il faut recouvrir d'une compresse ou d'un linge propre pour éviter l'infection. Et on appelle les secours. Pas de boissons, à jeun car une intervention chirurgicale sera peut-être nécessaire.

Hormis la fracture, les points vulnérables au football sont les muscles, les articulations et les tendons. Hématomes, contractures, élongations, déchirures... Toute la variété des traumatismes musculaires est susceptible d'être observée, en particulier pendant la première demi-heure d'un match. Echauffez-vous et étirez-vous. Des mouvements spécifiques (shoot, passe, dribble, etc.) effectués en douceur complètent l'échauffement.

Les entorses de la cheville et du genou sont relativement fréquentes. Les rotations sur un genou porteur (immobile) peuvent aussi provoquer des lésions du ménisque ou des ligaments croisés (à l'intérieur du genou). Ces entorses sont souvent observées lors de la dernière demi-heure d'un match avec la fatigue.

Le tendon d'Achille est le plus touché au football. Il peut s'agir soit des microtraumatismes qui, à la longue, vont créer une maladie chronique débouchant parfois sur une rupture, soit une rupture traumatique.

Ne pas négliger les traumatismes crâniens

Au football, les traumatismes de la tête vont du simple coup (entre deux joueurs par exemple ou en se cognant sur les cages…) au traumatisme crânien grave, c'est-à-dire avec des troubles de conscience pouvant aller jusqu'au coma. La gravité du traumatisme crânien et ses séquelles sont liées à la violence du choc et aux répercussions cérébrales, en particulier hémorragiques (hématomes…).

Après un traumatisme, l'objectif est de repérer des critères de gravité. Le premier critère est la violence du choc. Elle est importante à évaluer (on parle de cinétique, vitesse….). Logiquement, plus le choc est violent, plus le risque de lésions est important. Le deuxième critère de gravité est l'évaluation de l'état initial. Une perte de connaissance ou des troubles de la conscience ou des troubles neurologiques d'emblée (la personne ne reconnaît plus l'entourage, maux de tête violents,…) doivent conduire à un appel des secours (SAMU Centre 15) :

Si le patient est inconscient, il faut vérifier qu'il respire et éviter tout mouvement. Théoriquement, mise en position latérale de sécurité mais dans ce cas particulier, la bascule prudente de la tête en arrière est préférable pour ne pas risquer d'aggraver d'éventuelles lésions. Si le patient est conscient mais a des douleurs ou un comportement anormal, il faut également alerter les secours et ne pas mobiliser la victime en maintenant la tête.

Seuls les traumatismes peu violents, sans symptômes (pas de maux de tête, pas de troubles du comportement, pas de faiblesse d'un membre), ne nécessitent pas de consultation. En revanche, une surveillance s'impose pour vérifier qu'aucun symptôme n'apparaît dans les 24-48 heures.

Attention aux cages de foot qui risquent, si elles sont détournées de leur objet (par exemple en s'agrippant sur la barre transversale du but), de basculer vers l'avant et d'écraser la personne qui se trouve dessous.

Quelques conseils avant l'été

Pensez à boire avant et pendant (à la mi-temps) le match. Prenez éventuellement une ration énergétique pour maintenir un bon niveau de sucre dans l'organisme. Et ne jouez pas en plein soleil, faites attention au coup de chaleur !

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