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De la céramique pour les dents de devant, du métal pour les molaires…

Pour tenir la promesse du candidat Macron du "zéro reste à charge" pour les prothèses dentaires, l'Assurance maladie demande aux chirurgiens-dentistes de faire un effort sur leurs tarifs.

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De la céramique pour les dents de devant, du métal pour les molaires…
De la céramique pour les dents de devant, du métal pour les molaires…

Une feuille de route planifiant l’instauration d’un « reste à charge zéro » pour les prothèses dentaires, auditives et les lunettes devrait être présentée courant juin par le gouvernement, a déclaré ce 19 février sur Public Sénat la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. L’objectif est de tenir cette "promesse de campagne" d’Emmanuel Macron d’ici 2022.

La ministre a précisé que les négociations relatives au secteur dentaire devraient s’achever "en premier". De fait, trois jours plus tôt, l’Union nationale des caisses d'assurance maladie (Uncam) avait mis la dernière main à un projet de convention tarifaire dans le secteur dentaire, dont le quotidien Le Parisien a rapporté les grandes lignes.

Actuellement, les soins prothétiques (inlay, prothèses, couronnes…) ne sont pas remboursés à 100 %. Trois modes de prise en charge différents seraient proposés par l’Uncam. Le premier, qui couvrirait les besoins "essentiels" (46,6% des actes) serait la cible du remboursement intégral. Pour une deuxième catégorie de soins, l’objectif fixé est celui d’un "reste à charge modéré", les soins haut de gamme restant non-remboursés.

Deux critères sont retenus pour classer les soins : la localisation de la dent (visibles ou non) et le matériau de la prothèse (céramique ou métallique). Incisives et canines en céramique seraient remboursées à 100%.

Pour pouvoir assurer un reste à charge nul pour les soins de la première catégorie, les dentistes devront baisser leurs tarifs à hauteur de 388 millions d’euros annuels. Pour la deuxième catégorie, l’effort attendu est de 174 millions d’euros.

Le projet de l’Uncam prévoirait également un volet de prévention, afin de réduire à moyen terme les besoins de la population en prothèses.

Une réunion avec les syndicats de dentistes est prévue mi-mars pour débattre des propositions de l’Uncam.

Faire de la prévention la priorité du "zéro reste à charge" 

Pour le collectif de réflexion "Agir pour la pensée dentaire ", créé fin novembre par des chirurgiens-dentistes, ces propositions de l’Uncam posent un certain nombre de problèmes. Selon Stéphane Zenou et Olivier André, deux de ses membres, "si on veut faire des économies, il faut passer par la prévention, qui permet d’éviter l’apparition de caries et, à terme, la pose de prothèses – ce qui s’observe très bien dans des pays comme les Pays-bas, la Suède ou le Danemark".

"Ce n’est pas un hasard si Agnès Buzyn a dit, noir sur blanc, que l’objectif numéro un était la prévention – l’objectif numéro deux étant l’efficience des soins. Ce sont également les recommandations internationales. Et ici, l’Uncam ne respecte pas la lettre de mission de la ministre !", poursuivent-ils, observant l’absence de chiffrage pour la revalorisation des actes de prévention (apprendre à effectuer un brossage efficace, sensibiliser les parents à l’intérêt de retarder l’introduction de produits sucrés dans l’alimentation des enfants…). "Ce qu’il faut mettre en place, c’est un « reste à charge » vertueux, lié à la diminution des besoins. Les économies viendront quand les patients seront en bonne santé !"

Par ailleurs, selon eux, la qualité des prothèses qui seront remboursées pourrait poser problème. "Dans le panier « reste à charge zéro », le type de prothèse céramique est très dur, très abrasif. Quant aux prothèses métal, elles restent moins intéressantes du point de vue de la compatibilité biologique, du développement potentiel de bactéries, et caetera…"

la rédaction d’Allodocteurs.fr