Le laboratoire Servier lourdement sanctionné par Bruxelles

Le laboratoire Servier lourdement sanctionné par Bruxelles

La Commission européenne a infligé une amende de 331 millions d'euros au laboratoire français Servier, pour avoir entravé la mise sur le marché de versions génériques moins chères de son médicament cardiovasculaire, le périndopril.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Servier est sanctionné, aux côtés de cinq fabricants de médicaments génériques, pour avoir freiné l'entrée sur le marché de versions génériques de son médicament, commercialisé sous le nom de Coversyl®, pour traiter l'hypertension et l'insuffisance cardiaque.

"Grâce à l'acquisition de technologies et à une série d'accords amiables concernant des brevets conclus avec des concurrents fabricants de génériques, Servier a mis en oeuvre une stratégie visant à exclure ses concurrents et retarder l'entrée sur le marché de médicaments génériques meilleur marché, au détriment des budgets publics et des patients", explique la Commission dans un communiqué.

Il s'agissait "de son médicament qui se vendait le mieux, et de loin" puisqu'il a rapporté "plus d'un milliard de dollars en 2006 et 2007", a souligné au cours d'un point de presse le commissaire européen chargé de la Concurrence, Joaquin Almunia.

Au total, l'amende s'élève à 427,7 millions d'euros et concerne aussi Niche/Unichem, Matrix (désormais Mylan), Teva, Krka et Lupin.

Servier a immédiatement réagi dans un communiqué en exprimant "son total désaccord avec les thèses inédites développées dans la décision" et en annonçant qu'il "déposera un recours devant la Cour de justice de l'Union européenne". Un tel recours ne sera pas suspensif et Servier devra donc payer l'amende.

Servier, qui a le statut de fondation et n'est pas coté en Bourse, est le numéro deux français de la pharmacie après le géant Sanofi, et a été marqué ces dernières années par le scandale du Mediator qui avait éclaté fin 2010. Utilisé par cinq millions de personnes en France, ce médicament est à l'origine de graves lésions de valves cardiaques et pourrait être responsable à long terme de 2.100 décès, selon une expertise judiciaire.

En 2013, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 4,2 milliards d'euros et a dégagé un bénéfice net stable de 325 millions d'euros.

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