Haruko Obokota avait affirmé avoir ajouté un composé fluorescent à ses cellules ''STAP'', puis les avoir injectées dans de nombreux embryons de souris. Cet embryon dérivait-il réellement de ces cellules ? L'Institut Riken a conclu à la fraude.
Haruko Obokota avait affirmé avoir ajouté un composé fluorescent à ses cellules ''STAP'', puis les avoir injectées dans de nombreux embryons de souris. Cet embryon dérivait-il réellement de ces cellules ? L'Institut Riken a conclu à la fraude.

Cellules souches produites avec de l'acide : dernier acte de la saga de l'année

Le laboratoire public japonais Riken a annoncé ce 19 décembre l'interruption des recherches sur la production de cellules souches à partir d'acide (cellules "STAP"), "faute de résultats probants". Cette déclaration signant la fin d'une saga de près d'un an.

La rédaction d'AlloDocteurs
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"Nous n'avons pas pu reproduire le phénomène des cellules "STAP" et avons décidé d'interrompre les travaux", a expliqué un responsable du Riken lors d'une conférence de presse.

Fin janvier 2014, le magazine Nature avait publié une communication scientifique en deux volets, co-signée par la chercheuse Haruko Obokata.

Les chercheurs y expliquaient comment créer des cellules souches (cellules indifférenciées et capables d'évoluer en divers organes ou tissus à partir de cellules matures) par un procédé chimique inusité et relativement simple.

Comme nous l'écrivions suite à la publication de ce protocole, la confirmation d'une telle découverte aurait constitué une véritable révolution pour la médecine régénérative.

Mais l'enthousiasme a tourné court : quelques semaines plus tard, des chercheurs ont émis des soupçons quant à l'intégrité des données publiées, soulignant de probables manipulations de photographies. Une commission d'enquête du Riken a conclu à la contrefaçon de visuels, et de facto remis en cause l'ensemble des éléments présentés ainsi que l'existence même des cellules STAP.

Les articles ont été retirés de Nature à la fin du mois de juin.

Toutefois, le laboratoire Riken a décidé de poursuivre des investigations, dans un premier temps avec des chercheurs tiers, sans résultats concluants, puis séparément avec Mme Obokata en personne, placée sous haute surveillance.

Personne n'étant parvenu à reproduire le phénomène, le Riken s'est donc décidé à stopper toutes les recherches, trois mois avant l'échéance initialement définie. Mme Obokata n'était pas présente à la conférence de presse du 19 décembre 2014.

Les précédents volets de l'affaire :