2012 : un hiver meurtrier pour les seniors

2012 : un hiver meurtrier pour les seniors

Après un été particulièrement pluvieux, une nouvelle étude parue le mardi 4 septembre 2012 fait état d'un hiver 2012 plus meurtrier que les années précédentes, surtout pour les personnes âgées.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Six mille, c'est le nombre de décès supplémentaires enregistrés entre février et mars 2012, soit une augmentation de 13 % en comparaison des années précédentes. Selon l'Institut de Veille Sanitaire (InVS), qui publie ces données dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire, la dernière vague de froid meutrière datait de 2009, avec 6 000 décès excédentaires durant le premier mois. En raison de ce taux exceptionnel, cette année n'a pas été prise en compte dans les comparaisons statistiques. Les personnes âgées sont les plus touchées, avec un taux d'augmentation de la mortalité de 18 % pour les plus de 85 ans. Chez les plus de 95 ans, ce taux atteint des records, avec une augmentation de 31 % des décès.

Vague de froid et épidémies

L'InVS ne donne pas encore d'explications officielles à cette surmortalité, cependant, selon Anne Fouillet, statisticienne chargée de l'étude, "la survenue concomitante de plusieurs facteurs (vague de froid et épidémies saisonnières, notamment grippale), peut, au moins en partie, expliquer ce phénomène, mais leur part respective dans cette augmentation reste à évaluer".

Une hypothèse confirmée par les données de Météo France. Le pays a connu une vague de froid "tout à fait exceptionnelle", la première aussi intense depuis 1987. Le Nord a du faire face a des températures extrêmes, allant jusqu'à -18 °C. Et si toutes les régions ont été touchées (sauf la Corse), la région PACA a enregistré un taux d'augmentation des décès particulièrement élevé (+22 %).

L'épidémie de grippe qui a sévi durant cette même période pourrait également être la cause de cette surmortalité. La grippe saisonnière a atteint un pic fin février/début mars 2012, une période qui coïncide avec l'augmentation des décès. De plus, d'après le bilan dressé par le Groupe d'expertise et d'information sur la grippe (Geig), présenté le 12 juin 2012, seuls 62 % des personnes âgées de plus de 65 ans ont été vaccinées contre la grippe. Un chiffre en recul de 9 points en comparaison des deux années précédentes.

Des causes incertaines

Toutefois, les chercheurs restent prudents sur les causes de cette surmortalité. Mise en place lors de la canicule de 2003, le système doit encore être amélioré. L'équipe ne dispose pour le moment d'informations sur les causes médicales de seulement 5 % des décès. "Nous ne sommes pas à ce stade en mesure d'établir une analyse fiable", reconnaît Anne Fouillet. Une estimation à prendre avec d'autant plus de recul que l'étude n'est basée que sur 70 % des décès enregistrés en France métropolitaine.

Une base de données complète sur les causes des décès de cet hiver 2012 devrait être disponible d'ici un an et demi.

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