Un rapport pour améliorer la qualité de la fin de vie

L'Observatoire national de fin de vie (ONFV), présidé par le professeur Régis Aubry, a remis le 22 janvier 2014 au ministre de la Santé un rapport préconisant des mesures "concrètes et peu coûteuses" pour améliorer le quotidien des personnes âgées dépendantes.

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Un rapport pour améliorer la qualité de la fin de vie
Un rapport pour améliorer la qualité de la fin de vie

L'ONFV avance ainsi dix propositions pour améliorer la fin de vie des seniors.

En fin de vie, les personnes âgées doivent dépenser 450 euros par mois en moyenne pour financer leur maintien à domicile, rapporte l'Observatoire. "Au cours de la dernière année de vie, le coût des soins est d'autant plus faible que les personnes sont âgées", dit-il.

Dans un communiqué, le professeur Aubry souligne dans un communiqué des réalités dérangeantes : "Toutes les 40 minutes, une personne âgée meurt aux urgences (soit 13.000 décès chaque année)" et "un suicide sur trois concerne une personne âgée" (3.000/an).

"Les trois-quarts des personnes âgées qui finissent leur vie en Ehpad (Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) n'ont pas choisi d'y vivre" et "moins de 15%" des maisons de retraite disposent d'une infirmière la nuit. "Si c'était le cas de tous les EHPAD, cela permettrait pourtant d'éviter 18.000 hospitalisations de fin de vie par an", ajoute-t-il en notant également que les aides à domicile "sont les moins formées".

Le respect des droits des personnes âgées doit devenir "une priorité" : droit de choisir leur lieu de vie ou d'arrêter les traitements, droit de rester à leur domicile si elles le souhaitent, et le droit d'exprimer leurs souhaits par avance, en particulier lorsqu'elles sont atteintes de la maladie d'Alzheimer, selon l'Observatoire.

Les dix propositions

En maison de retraite :

1. Mettre en place une infirmière de nuit pour 250 à  300 places d’EHPAD, le cas échéant de façon  mutualisée entre plusieurs établissements.
2. Donner aux Equipes Mobiles de Soins Palliatifs les moyens de réellement intervenir en EHPAD, en accompagnant ces moyens de recommandations de bonnes pratiques et en les conditionnant à une évaluation régulière par les ARS.
3. Rendre obligatoire un module "Accompagnement de la fin de vie" dans le diplôme de Médecin-Coordonnateur d’EHPAD.

A domicile :

4. Donner aux professionnels de l’aide à domicile une réelle formation autour des situations de fin de vie.
5. Elaborer, sous l’égide de la Haute Autorité de Santé, des recommandations de bonnes pratiques pour améliorer l’identification des situations de fin de vie à domicile, et ainsi éviter des hospitalisations dans les derniers jours de vie.

Pour les personnes handicapées :

6. Mettre en place des "stages croisés" entre les établissements médicosociaux et structures de soins palliatifs, pour permettre l’acculturation des professionnels et améliorer  les conditions de la fin de vie.
7. Faire de l’accompagnement de la fin de vie une priorité nationale en matière de formation continue.

A l’hôpital :

8. Elaborer et diffuser un outil simple de repérage des situations de fin de vie dans les services d’urgence.
9. Inclure, dans les Revues de Morbi-Mortalité(c’est-à-dire les analyses de cas réalisées par les professionnels après un décès), un questionnement spécifique autour de la fin de vie.
10. Faire évoluer les modalités de financement de la prise en charge des personnes âgées atteintes d’un cancer en phase avancée, afin de favoriser la réflexion des équipes d’oncologie sur la pertinence des traitements.


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