Tour de France : l'ombre du dopage plane encore sur le peloton

Le coureur cycliste, Rémy Di Gregorio, serait impliqué dans un réseau de dopage impliquant d'autres coureurs, selon les informations recueillies par le parquet de Marseille et l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP) à la suite de la garde à vue du sportif le 10 juillet 2012.

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Tour de France : l'ombre du dopage plane encore sur le peloton

De l'ozone pour la performance

Il s'agirait principalement d'ozonothérapie, une technique consistant à prélever du sang à un athlète pour l'enrichir avec un mélange contenant 95 % de dioxygène et 5 % d'ozone avant de le réinjecter dans son organisme, afin d'augmenter sa résistance à l'effort. C'est une technique qui est indétectable par les contrôles antidopage.

D'après les explications du Dr Jean-Pierre De Mondenard, médecin du sport spécialiste du dopage et auteur du livre Tour de France : Histoires extraordinaires des géants de la route, l'injection se fait soit par voie intramusculaire, dans ce cas il s'agit de 10 millilitres de sang réinjectés, soit par transfusion intra veineuse, et là il s'agit de 200 millilitres de sang. Cette technique d'autotransfusion immédiate était très utilisée dans le milieu du cyclisme des années 1960-1970, car le procédé permetait de booster leurs performances.

L'ozone, composé de trois molécules d'oxygène, est supposé améliorer la captation de dioxygène par l'hémoglobine chargée de son transport vers les organes. Une meilleure oxygénation des tissus entraîne une résistance plus grande à l'effort. C'est pour cela que l'ozonothérapie est une technique interdite depuis 2011 par l'Agence mondiale antidopage, car elle fait partie des manipulations sanguines. De plus, à forte dose, l'ozone peut provoquer des risques d'embolie pulmonaire.

Des produits plus classiques

Lors de son interpellation, Rémy Di Grégorio était en possession d'autres produits dopants : un kit de perfusion de glucose, et des flacons soupçonnés de contenir des hormones d'origine animales.

L'hormone la plus utilisée pour le dopage est l'érythropoïétine ou EPO. Elle est naturellement présente dans l'organisme et produite par les reins et le foie. Elle a pour fonction de faciliter le transport de l'oxygène par les globules rouge dans le sang. Injectée sous forme d'EPO de synthèse, elle améliore les performances physiques à l'effort en augmentant le transport d'oxygène vers les organes.

La perfusion de glucose est considérée comme dopante car elle diminue la sensation de fatigue et améliore l'endurance des sportifs. Elle agit en reconstituant le taux de glycogène sanguin plus rapidement ce qui facilite la récupération. Les perfusions contiennent du liquide physiologique et du glucose à hauteur de 5 %. C'est une quantité équivalente au taux normal de glucose sanguin, cette technique, interdite depuis 2005, est donc indétectable lors des contrôles. Outre le glucose, les perfusions peuvent contenir d'autres substances comme l'insuline ou l'IGF 1, utilisées pour les mêmes raisons.

Cette nouvelle affaire de dopage n'est pas sans conséquence sur le public, selon un récent sondage Ifop pour Sud Ouest Dimanche, réalisé les 12 et 13 juillet 2012, 68 % des Français estiment que le dopage est présent parmi les coureurs du Tour de France. Seulement 3 % des Français pensaient alors qu'il ne serait pas l'invité du Tour 2012.

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