Ophtalmologistes : des solutions pour combler la pénurie

Soixante-dix sept jours, c'est le délai moyen en France pour obtenir un rendez-vous chez l'ophtalmologue, pouvant même atteindre un an chez certains praticiens, selon l'enquête Yssup Research, réalisée auprès de plus de 2.600 d'entre eux. Pour palier ce manque, la Commission démographie et santé Publique du Syndicat National des Ophtalmologistes de France (SNOF) propose des solutions...

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Ophtalmologistes : des solutions pour combler la pénurie

15% des ophtalmologues n'acceptent plus de nouveaux patients

Parmi les dix plus grandes villes, Paris, Marseille et Bordeaux sont celles où l'attente est la moins longue avec un délai moyen pour obtenir un rendez-vous inférieur à un mois (respectivement 24,7 jours, 24,8 et 27,4). La Seine-Saint-Denis fait partie des dix départements où les délais sont les plus courts avec 54,2 jours d'attente mais on s'y heurte à 16% de refus de rendez-vous contre 2% à Paris.

Mal lotie, la Loire bat tous les records : elle est en tête des dix départements où le délai d'obtention d'un rendez-vous est le plus long (205,3 jours en moyenne) après prise de contact avec au moins 20 spécialistes, et elle détient le taux d'impossibilité de prendre rendez-vous le plus élevé (65%).

15% des ophtalmos ne sont plus en mesure d'accepter de nouveaux patients, selon cette enquête Yssup Research, rendue publique mardi 11 février 2013, qui confirme les difficultés d'accès à ces spécialistes.

Des délais d'attente pouvant atteindre 18 mois

L'impossibilité de prendre rendez-vous dans l'année (ou refus de nouveau patient) touche également la Meurthe-et-Moselle (59%), la Moselle (46%), l'Isère (38%) l'Ile-et-Vilaine (36%), l'Essonne (34%), la Seine-Maritime et le Finistère (31% chacun) le Bas-Rhin et le Nord (30% chacun).

Cette enquête nationale, réalisée auprès de 2.643 ophtalmologues entre le 15 octobre 2013 et le 30 janvier 2014 par Yssup Research (groupe Publicis Health Care), conforte un récent rapport parlementaire qui souligne le "manque criant de professionnels" dont souffrent certaines régions, notamment ceux installés en secteur 1 avec des délais d'attente qui peuvent parfois atteindre 18 mois.

Une situation qui pose la question de l'accès aux soins, alors que le vieillissement de la population devrait mécaniquement entraîner une augmentation des pathologies oculaires liées à l'âge (glaucome, rétinopathie diabétique, dégénérescence maculaire...), notait ce rapport.

Augmentation du recours à l'ophtalmologie libérale

La Commission Démographie et Santé publique du Syndicat National des Ophtalmologistes de France (SNOF) a présenté en mars 2011 un rapport exposant le phénomène de pénurie d'ophtalmologistes afin de proposer des solutions pour palier ce manque d'ici 2030. Elle justifie cette pénurie et la croissance du recours à l'ophtalmologie libérale par plusieurs phénomènes :

  • réduction du nombre de postes d'internes en ophtalmologie dans le numerus clausus sacrifié au profit d'autres spécialités ;
  • limitation des places en stages hospitaliers universitaires ;
  • exigence plus importante de la population vis-à-vis de sa vision ;
  • augmentation de la pathologie oculaire liée au vieillissement ;
  • développement de nouvelles techniques d'exploration ou chirurgicales.

Des solutions pour palier le manque d'ophtalmos

Ce rapport affirme que le nombre d'ophtalmologistes va commencer à diminuer à partir de 2011 et propose des solutions pour palier ce manque d'ici 2030 :

  • Poursuivre la remontée du numerus clausus (classement) des médecins de façon à augmenter le nombre de postes d'internes en ophtalmologie.
  • Augmenter les terrains de stages pour les internes dans les CHU, dans les hôpitaux périphériques et développer un stage en libéral pour former les internes en ophtalmologie.
  • Améliorer le financement, la coordination et l'enseignement des écoles d'orthoptie.
  • Augmenter le nombre d'élèves orthoptistes dans 10 des 15 écoles pour arriver à un taux de 400 nouveaux orthoptistes par an.
  • Mettre en place un certificat de qualification professionnelle de TASO (Technicien Aide-Soignant en Ophtalmologie) ouvert aux secrétaires, aux aides-soignants et aux infirmières.
  • Favoriser le regroupement des professionnels de la filière sur des plateaux techniques avec des aides financières pérennes.
  • Réajuster les effectifs des écoles d'optique pour être en adéquation avec les besoins réels en équipements optiques.
  • Fixer une densité cible d'ophtalmologistes par région à l'horizon 2030.
  • Mettre en place des aides régionales à l'installation pour les régions déficitaires.

Source : Les besoins en ophtalmologistes d'ici 2030. Commission démographie et Santé publique du SNOF. Dr Thierry Bour. Mars 2011.

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