Le plus vieux cycliste du monde

Pompier de Paris dans les années 30, bûcheron au Canada dans les années 50, chauffeur de poids lourds au Vénézuela, puis maraîcher en région parisienne, Robert Marchand a repris le vélo à l'âge de 68 ans. Aujourd'hui âgé à de 102 ans, il vient de battre, vendredi 31 janvier 2014, son record de l'heure à vélo, sur la piste de l'immense vélodrome national à Saint-Quentin-en-Yvelines, près de Paris.

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VIDEO : Robert Marchand était l'invité du Magazine de la santé, sur France 5, le 3 février 2014.

Avec 26,952 km en soixante minutes, le centenaire, qui n'était qu'à "90% de ses moyens", a battu haut la main son record établi un an plus tôt sur la piste d'Aigle (Suisse) avec 24,25 km. A peine essoufflé à l'issue de sa course, Robert Marchand a même célébré sa performance en courant d'un pas leste sur la piste sous les hourras de ses fans.

"J'étais bien mais à la fin ça commençait à être dur", a-t-il répondu ensuite dans un grand sourire aux journalistes qui l'assaillaient de questions. "Je suis heureux comme un poisson dans l'eau", a-t-il poursuivi, levant les bras au ciel à la demande de ses interlocuteurs.

Une sacrée revanche pour celui qui, à 20 ans, avait mis fin à sa carrière de cycliste professionnel, sur les conseils du milieu sportif et des médecins, dubitatifs sur ses capacités au vu de sa carrure.

Plus forte est la vie

"Il est devenu cycliste professionnel à l'âge où tout ceux qui l'ont dissuadé sont morts", pointe, amusée, la physiologiste Véronique Billat qui le suit depuis sa centième année, présente lors de la tentative.

Ce record, Robert Marchand s'y est préparé en effectuant 15 minutes de gymnastique tous les matins et autant sur home trainer, le tout agrémenté de trois à quatre sorties, d'une heure chacune, par semaine.

"On vieillit comme on a vécu", explique Mme Billat, directrice d'un laboratoire de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), consacré à l'amélioration des performances.

"Les prédispositions génétiques ne jouent que pour 30% des performances", souligne-t-elle à propos de son "protégé" dont la fréquence cardiaque, "telle celle d'un homme de 50 ans", est capable de passer de 60 pulsations au repos à 157 dans l'effort. "Tout le reste, c'est l'attitude face à la vie", insiste-t-elle.

Interrogé sur ses prochains objectifs, le centenaire répond plein de sagesse : "Il faut pas en vouloir de trop dans la vie, on met neuf mois pour venir au monde et trente secondes pour claquer, vous savez. C'est comme ça la vie".

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