La taille d'un nouveau-né traduit l'état de santé de sa mère

Tous les bébés, sans exception, nés d'une mère bien portante, ont sensiblement la même taille à la naissance, selon une vaste étude menée l'Université d'Oxford en Angleterre, et parue en ce début de mois de juillet 2014 dans la revue The Lancet.

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La taille d'un nouveau-né traduit l'état de santé de sa mère
La taille d'un nouveau-né traduit l'état de santé de sa mère

Dis moi combien tu mesures, je te dirai quelle mère tu as : ainsi pourrait être résumée l'étude menée par les chercheurs de l'Université d'Oxford, de grande ampleur et internationale. Ce sont en effet près de 60.000 femmes enceintes des quatre coins du monde qui en ont fait l'objet, et plus précisément dans les régions urbaines au Brésil, en Chine, en Inde, en Italie, au Kenya, au sultanat d'Oman, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

Huit sites d'étude ont été mis en place, mobilisant 300 professionnels de santé pour suivre les dizaines de milliers de femmes enceintes, et plus de 200 chercheurs et cliniciens ont contribué à tirer les conclusions qui peuvent être synthétisées de la sorte :

La croissance in utero, la taille et le périmètre crânien à la naissance sont étonnamment semblables dans le monde entier pour les bébés qui sont nés d'une mère :

  • éduquée et informée correctement ;
  • bien alimentée durant sa grossesse ;
  • en bonne santé de façon générale.

Cette taille moyenne de tous les bébés nés de mères bien portantes est de 49,4 centimètres, la marge d'erreur étant de plus ou moins 1,9 centimètres. La taille du nouveau-né est en outre une donnée primordiale car on sait qu'un bébé de trop petite taille risque ensuite développer à l'âge adulte du diabète, de l'hypertension artérielle ou encore des maladies cardio-vasculaires, outre le nombre de complications et de dépenses de santé liées que cela peut entraîner.

Ces résultats poussent le professeur Jose Villar de l'Université d'Oxford à prononcer cette phrase pleine de sens : "Actuellement, nous ne sommes pas tous égaux à la naissance. Mais nous pourrions l'être". En effet, démontrer que la taille du bébé dépend de paramètres tels que ceux énoncés plus haut est aussi une façon de prouver que d'autres facteurs tels que l'origine ethnique n'ont aucune incidence sur l'état dans lequel va naître un nourrisson : ainsi, aucune femme dans le monde n'est prédestinée à avoir un enfant plus petit que la moyenne, il est toujours possible que son bébé ait une taille normale où que l'on se trouve, à condition donc d'être en bonne santé et bien éduqué.

Mais cela signifie aussi que des efforts et des progrès sont toujours à faire aujourd'hui : puisqu'il est possible d'arriver à une égalité et que rien n'est prédéterminé, il s'agit à présent de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour parvenir à ce que cette égalité dans le monde soit effective : il s'agit notamment de prodiguer à toutes les mères des soins prénataux, ainsi que de leur assurer un bon traitement des maladies infectieuses, actions essentielles bien que non exclusives.

Efforts et progrès d'autant plus capitaux que l'on sait qu'en 2010, 32 millions de bébés (soit 27% des naissances vivantes) naissent dans le monde déjà sous-alimentés et connaissent la maladie, pouvant entraîner le décès.

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