Donner son cerveau pour aider la recherche

Vous ne le savez peut-être pas mais il est possible de faire don de son cerveau après son décès. Il ne s'agit évidemment pas de donner pour une greffe, mais pour la recherche. Les associations de patients touchés par la maladie d'Alzheimer, de Parkinson, la sclérose en plaques ou par des atteintes du cervelet, soutiennent financièrement la constitution d'une banque nationale de cerveau, afin d'aider la recherche sur ces maladies à progresser.

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À quoi sert le don de cerveau ?

Spectaculaire, intense, le don de cœur sauve une vie qui allait s'arrêter. Méconnu et réalisé loin des blocs opératoires, le don de cerveau peut pourtant sauver des milliers de vies car ce don est indispensable à la recherche de traitements contre les maladies neurologiques. Des découvertes qui ont besoin de repères avec des cerveaux sains.

Alzheimer, Parkinson, sclérose en plaques… Les recherches portent aussi sur des maladies plus rares qui touchent le cervelet. Chaque cerveau donné est divisé en deux : une moitié est traitée pour analyser la structure des tissus. L'autre moitié de chaque cerveau est conservée dans des congélateurs pour d'autres types de recherches.

Le don de cerveau se prépare très en amont comme le confirme Marie-Claire Artaud-Botté, coordinatrice de la banque de cerveau - GIE Neuro-CEB : "Le don de cerveau est quelque chose d'assez lourd d'un point de vue psychologique pour la famille. Le cerveau a une valeur symbolique extrêmement importante selon les croyances (…) On conseille donc aux donneurs d'en parler avec leur entourage, d'en discuter en famille, pour que l'entourage soit d'accord… Donc cela se prépare".

Plus de 400 familles se sont ainsi engagées depuis la création de la banque nationale de cerveaux en 2006. Les échantillons sont extraits en fonction des demandes des chercheurs.

Les neurones sont au cœur des recherches sur la maladie d'Alzheimer en particulier. "À partir des coupes de cerveau que l'on a obtenu de la banque, on va pouvoir marquer les neurones et définir précisément le contour pour pouvoir les isoler avec un microdissecteur laser. Les neurones seront ensuite collectés dans un petit tube et on pourra ensuite observer l'expression des gènes", explique Luce Dauphinot, ingénieur de recherche en biologie cellulaire et moléculaire à l'Institut du cerveau et de la moelle épinière. Avec le laser capable d'isoler précisément les neurones, les chercheurs décryptent presque gène par gène les effets de chaque maladie.

Les outils actuels permettent presque de reconstituer au laboratoire la façon dont les neurones fonctionnaient de leur vivant, par exemple au niveau de leurs extrémités : leurs synapses. Les chercheurs peuvent ainsi mettre en évidence les gènes qui ont une expression dérégulée dans la maladie.

Les découvertes peuvent apporter des pistes pour de nouveaux traitements. Aujourd'hui les besoins de la banque de cerveaux concernent surtout la sclérose en plaques, les maladies du cervelet et des cerveaux normaux.

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