Comment repérer la maltraitance en maison de retraite ?

Neuf maisons de retraite sur dix n'ont pas les moyens d'accueillir des personnes âgées dans des conditions correctes, selon l'Association des Directeurs de services aux Personnes Agées. Personnel débordé et manque de moyens conduisent trop souvent à une maltraitance involontaire des résidents. Quels signes doivent alerter les familles ?

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Neuf maisons de retraite sur dix manquent de moyens

Le constat de l'Association des Directeurs de services aux Personnes Agées (AD-PA) est alarmant : 90% des maisons de retraite n'ont pas les moyens de s'occuper convenablement de leurs résidents. En cause : un personnel débordé et un manque de moyens.

Que faire en cas de maltraitance ?

Appeler le 3977, le numéro national d'appel contre la maltraitance envers les personnes âgées ou handicapées. Le centre d'appel est ouvert du lundi ou vendredi de 9h à 19h et s'adresse aux personnes maltraitées, aux témoins de maltraitance mais aussi aux soignants qui éprouvent des difficultés.

"Le manque de temps des soignants est à l'origine des maltraitances"

"Beaucoup de gestes sont faits plus vite et moins bien. On limite les douches par exemple ou on ne prend pas le temps de vérifier si la personne a bien fini son repas" explique Catherine Lemoine, de la Fédération de lutte contre les maltraitances.

"Les effectifs des maisons de retraite ont été établis dans les années 70 et n'ont pas évolué depuis, alors qu'on y accueille des pensionnaires de plus en plus vieux, 84 ans moyenne. Par ailleurs, ces personnes sont placées au dernier moment, donc en état important de dépendance. Ils sont plus malades et plus fragiles qu'avant." indique Christian Trivalle, gériatre à l'hôpital Paul Brousse de Villejuif

L'accumulation de négligences dégrade la condition de vie des résidents. "Les conséquences physiques et psychologiques sont énormes. Par exemple, 75% des personnes qui entrent en maison de retraite deviennent incontinentes dans les six mois. Alors qu'il n'y avait aucune raison (physiologique ndlr)" précise Catherine Lemoine. Pour repérer cette maltraitance ordinaire, trois signes doivent alerter les familles.

Un repli sur soi-même

"Le premier signe qui doit alerter les familles est le changement de comportement du proche" explique Catherine Lemoine. Lorsqu'une personne, souriante et ouverte à la base, ne parle plus, il faut s'inquiéter. "Qu'une personne se renferme à son arrivée en maison de retraite est fréquent, mais si ce signe persiste, c'est qu'il y a un problème" ajoute t-elle. D'autres troubles du comportement peuvent se manifester, comme l'agressivité.

Une perte de poids

"Lorsque les soignants sont en sous effectif, ils n'ont pas le temps de vérifier si le résident a bien mangé, on presse les pensionnaires. Le plateau est trop vite débarrassé" explique Catherine Lemoine. Une maltraitance qui entraîne une sous alimentation et donc une perte du poids de la personne âgée.

La réaction de l'équipe soignante

Le dialogue avec le personnel de la maison de retraite est crucial, et pourtant il peut être difficile à établir. "C'est mauvais signe, si, lorsque les familles abordent le sujet de la maltraitance avec les soignants, ceux-ci se braquent" précise Catherine Lemoine. D'autre part, la maison de retraite doit être ouverte en permanence à la famille. Comme le précisait Annie de Vivie (présidente de l'association AgeVillage.com) à Allodocteurs.fr : "Si vous ne pouvez pas rentrer dans la structure à n'importe quel moment, c'est qu'il y a un problème".

 

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