AZF : paroles de victimes

Les dates anniversaires sont toujours étrangement douloureuses pour les victimes. Elles risquent aujourd’hui de revivre les traumatismes du 21 septembre de 2011. Ce choc a laissé des cicatrices très profondes…

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AZF : paroles de victimes
AZF : paroles de victimes

"J’ai un trou noir de plusieurs heures. Je ne me souviens plus." "Je me suis dit que j’allais devenir aveugle." "Pour moi, après l’explosion, cela a été la descente aux enfers. Je ne peux plus travailler. AZF a gâché ma vie, je suis en survie." Pour Nathalie, Bernard, Yves et des milliers d’autres, tout a basculé le 21 septembre 2001. Dix ans après, les victimes racontent l’enfer des heures, des semaines, des mois et des années qui ont suivi. Des témoignages recueillis par La Dépêche du Midi, France 3 Midi-Pyrénées et les associations de sinistrés.

"Heureusement, les enfants étaient petits au moment de la catastrophe, (…) ils n’y pensent pas trop, raconte Nathalie, restée deux mois en fauteuil roulant à cause d’une blessure à la cuisse. Tandis que nous, les adultes, nous avons toujours les images dans la tête. Et puis on garde des séquelles. Psychologiques, physiques."

Yves vit lui depuis avec de terribles accouphènes "comme une scie électrique" dans les oreilles et des vertiges, "le matin, pour me lever, dans la journée, quand je marche trop longtemps." Il a encore besoin d’antidépresseurs et d’anxiolytiques.  

"Moi, je survis, c’est tout", témoigne aussi Eliane dont l’enfant grandit avec un handicap dû au souffle de l’explosion.

D’autres récits sont rassemblés dans Total chaos, chaos total, dont l’Association des sinistrés du 21 septembre 2001 met en ligne des extraits. "Je me souviens d’avoir crié 'sous les tables !'… Je me souviens des élèves rampants au sol pour me rejoindre. Je me souviens de leurs pleurs, de leur pâleur, de leurs peurs", écrit Isabelle. Karine, elle se souvient "du soulagement d’apprendre que les miens allaient bien et du sentiment d’impuissance et d’incompréhension."

Dix ans, la fin des recours pour dédommagement physique, mobilier ou immobilier

"Nous estimons qu’environ la moitié des sinistrés ayant subi un dommage corporel suite à la catastrophe n’a pas fait de déclaration", explique Jean-François Grelier, président de l’Association des sinistrés du 21 septembre 2001 sur le site mutualiste Viva. Les raisons ? "Non connaissance de leurs droits, des séquelles parfois importantes qui ont mobilisé les énergies des personnes et de leur entourage, séquelles psychologiques".

Les associations comme la sienne ont pourtant tout fait pour inciter et aider les victimes à faire les démarches nécessaires. Grâce à leur mobilisation, 22 000 personnes ayant souffert de troubles de l’audition, de problèmes psychologiques ou de blessures ont pu être indemnisées.

Une des difficultés vient souvent de l’émergence de troubles sur la durée et de la difficulté à les relier à l’accident. Le cap des dix ans rend désormais impossible les recours pour dédommagement physique, mobilier ou immobilier. D’où les espoirs reportés sur le procès en appel qui commencera le 3 novembre 2011.

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