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L'asexualité : l'absence de désir envers les autres

Nous vivons dans une société axée sur la sexualité, les êtres se définissent par leur appartenance à un sexe, féminin ou féminin, et par leurs attirances sexuelles, homosexuelle, hétérosexuelle ou bisexuelle. Or depuis le début des années 2000, les asexuels tentent de se faire reconnaître en tant qu'orientation sexuelle à part entière, à l'instar du 26 avril 2013, dédiée à la communication de leur particularité.

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L'asexualité : l'absence de désir envers les autres
L'asexualité : l'absence de désir envers les autres

L'asexualité est définie par une absence d'attirance sexuelle. Les personnes asexuelles ne ressentent pas l'envie de faire l'amour avec une autre personne, elles n'éprouvent pas d'attirance sexuelle ni de pulsion les amenant à un rapport, sans que cela ne génère aucune frustration. L'asexualité concernerait 1% des gens d'après un psychologue britannique, Anthony Bogaert, qui a étudié sa fréquence au sein d’un échantillon de 18 000 sujets en 2004.

L'asexualité vue par une sociologue...

L'association AVA évoque les travaux de la sociologue Ela Przybylo, qui a étudié l'attitude du corps médical envers l'asexualité.

Elle estime qu'il semble reconnaître de plus en plus sa validité et qu'il tente de démédicaliser l'asexualité, en l'intégrant à la diversité sexuelle.

Ainsi, l'asexualité remettrait en question les normes imposées à la sexualité, par une société très sexuelle.

L'asexualité, qu'est-ce que c'est ?

Dans son dossier de presse, l'Association pour la Visibilité de l'Asexualité (AVA) complète cette définition en définissant tout ce que n'est pas l'asexualité.

L'asexualité n'est pas un trouble hormonal ou mental. Elle ne s'explique pas par un problème psychologique, lié à un rapport perturbé au corps ou à un refoulement freudien.

Il ne s'agit pas non plus d'abstinence, qui correspond au choix de ne pas faire l'amour pour des raisons religieuses ou culturelles par exemple. L'asexuel, lui, ne choisit pas de ne pas ressentir d'attirance ; il ne juge pas la sexualité d'autrui ou ne pense pas qu'elle est mauvaise.

Ce n'est pas non plus un trouble sexuel, appelé Inhibition du désir sexuel (ou désir sexuel hypoactif), qui se définit par une absence ou une diminution du désir. C'est aussi différent de la frigidité (caractérisée par l'absence globale de désir et de plaisir). Certains asexuels peuvent ressentir du désir, qu'ils assouviront en se masturbant ou en jouant avec un sextoy. Mais ce désir ne se dirige pas vers une autre personne. Et certains "A", comme ils se nomment, peuvent même avoir des rapports, en règle générale pour satisfaire leur partenaire.

De plus, l'absence d'émotions n'est pas non plus en cause, l'asexualité n'empêche pas les gens de tomber amoureux, d'avoir des besoins émotionnels. La plupart des asexuels ont un rapport neutre à la sexualité. Et pour l'AVA, cela fait simplement partie de la diversité des sexualités et de leur richesse.

Comment s'explique l'asexualité ?

Sur le plan médical, l'asexualité ne s'explique pas et c'est d'ailleurs justement ce que reproche le mouvement des asexuels aux médecins : vouloir absolument lui trouver une explication pathologique, sans succès jusqu'à présent.

Car pour les spécialistes, le fait de ne pas avoir de désir trouve forcément son origine dans un trouble : "L'absence de sexualité s’explique par le conflit conjugal, l'inhibition du désir sexuel, la prise de traitement psychiatrique, une dépression ou encore une situation de handicap qui entrave la conduite souhaitée, explique le Dr Waynberg, sexologue. Mais elle débouche sur une souffrance réelle et nécessite une prise en charge sexologique."

Le médecin est radical envers les asexuels qui font du prosélytisme et condamne l'attitude de "ceux qui font savoir à leurs voisins qu'ils n'ont plus envie de faire l'amour : c'est de la publicité de la vie privée, en quoi cela nous regarde-t-il ? Ce n'est rien d'autre qu'un choix de vie, ce n'est pas une philosophie de vie !"

Pourquoi vouloir faire reconnaître l'asexualité ?

L'association (AVA) explique qu'une catégorie sociale est en train d'émerger et certaines personnes considèrent que l'asexualité conditionne de façon importante qui ils sont. Créer un concept offre des repères similaires à une communauté et la possibilité d'entraide aux asexuels, qui se sentent seuls et incompris dans ce monde très sexué. Le sentiment de ne pas avoir les mêmes désirs que tout le monde prédomine et isole alors qu'autour de soi, les libertés sexuelles sont revendiquées, à l'instar des sextoys, sadomasochistes, bondage, échangisme qui sont monnaie courante à l'heure actuelle.

Communiquer sur l'asexualité rassurerait tous ceux qui n'ont pas encore mis de mots sur ce qu'ils vivent, ceux qui ont l'impression de ne pas être dans le même moule que tout le monde, ceux qui en souffrent. Avec un message : leur dire qu'ils ne sont pas seuls… Car l'asexualité se répercute inévitablement sur le couple. Comment persuader de son amour la personne aimée lorsque le corps se refuse à l'exprimer ? Car si la sexualité avait pour but exclusif la procréation, elle est devenue un moyen quasi-incontournable de faire passer ses émotions et ses sentiments. Alors comment convaincre de son amour lorsqu'il demeure chaste ? C'est source de difficultés dans le couple et parfois de séparation. "Les asexuels sacrifient leur fonction érotique et procréatrice de la sexualité mais ceux qui en souffrent doivent absolument consulter", répète le Dr Waynberg.

Encore faut-il en avoir envie, une envie qui manque aux asexuels reprochant au monde actuel d'imposer des normes à la sexualité.

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