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De l'odeur des cadavres

Des chercheurs sont parvenus à identifier plusieurs composés chimiques volatils propres à la chair humaine en décomposition. L'objectif de leurs travaux, détaillés dans la revue PLoS ONE : pouvoir exhumer des corps suite à une catastrophe naturelle, afin de leur offrir une sépulture décente.

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De l'odeur des cadavres
La leçon d'anatomie (détail), de Rembrandt (1632)

Décrire avec précision l’odeur de la chair humaine putrescente : tel est le défi relevé par des chercheurs de l'Université de Louvain, en Belgique. La chimiste Eva Cuypers a introduit dans des bocaux plusieurs échantillons de tissus de nombreuses espèces (porc, taupe, lapin, tortue, grenouille, divers poissons et oiseaux… et bien sûr humains), et les a laissés se décomposer plusieurs mois durant. Les récipients étaient ouverts périodiquement pour analyser les différents gaz libérés.

Les collaborateurs d'Eva Cuypers ont comparé 452 composés organiques émis par les spécimens en décomposition. Constat : à chaque espèce, son pourrissement. Les auteurs constatent que l'odeur la plus proche d'un cadavre humain est celle du porc mort, du fait d'un pourcentage similaire de graisse corporelle et de poils, ainsi que de la présence de bactéries d’espèces voisines dans nos intestins.

Huit composés ont été exclusivement trouvés dans la chair de porc et dans celle de l'homme. Cinq se sont révélés être spécifiques à la chair humaine.

Si le fruit de leurs recherches était confirmé in situ - c'est-à-dire avec des corps enfouis ou ensevelis - les auteurs espèrent qu'elles pourront aider à l'entraînement des chiens utilisés pour retrouver les victimes des catastrophes naturelles, ou à la création de dispositifs électroniques à dessein similaire.

Source : The Search for a Volatile Human Specific Marker in the Decomposition Process. E. Rosier, E. Cuypers et coll. PLoS ONE, 16 sept. 2015  doi : 10.1371/journal.pone.0137341

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