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Les jeunes médecins sont-ils moins bien payés que leurs ainés ?

Les jeunes médecins plébiscitent de plus en plus les dépassements d'honoraires, selon un rapport de l'Insee publié le 11 février. Alors que les jeunes spécialistes ont des revenus supérieurs à ceux de leurs ainés, les jeunes généralistes, eux, sont moins bien rémunérés.

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Les jeunes médecins sont-ils moins bien payés que leurs ainés ?
Les jeunes médecins sont-ils moins bien payés que leurs ainés ?

106.140 euros par an. C'est le salaire moyen des 110.00 médecins libéraux français recensés par l'Insee en 2011 dans son rapport du 10 février. Mais les disparités de revenus entre spécialités sont flagrantes, passant parfois du simple au double. Avec 82.000 euros en moyenne, les généralistes disposent du revenu le plus faible, par opposition aux radiologues, dont le revenu moyen culmine à 190.000 euros, soit près de 16.000 euros par mois. De manière générale, les revenus des médecins ont progressé de 1,1% par an entre 2005 et 2011.

Les femmes, de plus en plus nombreuses, notamment chez les généralistes - ont toujours des revenus inférieurs "de l'ordre d'un tiers" à ceux des hommes, "quelle que soit la spécialité", notamment parce qu'elles pratiquent moins d'actes médicaux.

Les jeunes généralistes moins payés

Le revenu des jeunes généralistes est inférieur de 15% à celui de l'ensemble de leurs confrères, notamment en raison de la féminisation de la profession mais aussi du manque d'ancienneté et de la constitution d'une patientèle réclamant du temps. Pourtant, à l'inverse, être un jeune spécialiste peut aider : leurs revenus sont supérieurs de 6% à ceux de leurs ainés. Selon le rapport, cela s'explique d'une part parce qu'ils privilégient le secteur à honoraires libres et d'autre part parce qu'ils "exercent plus souvent des spécialités techniques plus lucratives (anesthésie, chirurgie)". Les jeunes ophtalmologues, qui pratiquent beaucoup l'opération de la cataracte en ambulatoire, gagnent ainsi 20% de plus que l'ensemble de leurs confrères.

Au début de leur carrière, les jeunes médecins se tournent d'ailleurs davantage vers une activité salariale. Les jeunes spécialistes sont 53% à exercer une activité mixte (salariée et libérale), contre 44% de l'ensemble des spécialistes "toutes anciennetés confondues". Chez les généralistes, cette proportion atteint 27% chez les jeunes comme pour l'ensemble de la profession.

Les dépassements d'honoraires favorisés par les jeunes

Autre constat : les jeunes sont plus enclins à s'installer en secteur 2, là où ils peuvent pratiquer des dépassements d'honoraires, par opposition au secteur 1 où sont imposés les tarifs de la Sécurité sociale. Dans l'ensemble, les revenus libéraux, tirés des honoraires, "représentent 87% du revenu d'activité des jeunes médecins soit une part un peu plus faible que pour l'ensemble des médecins (91%)", détaille l'étude. Une donnée qui ne concerne que les spécialistes, l'accès au secteur 2 étant quasiment nul chez les généralistes depuis une réforme de 1990, précise l'étude.

Ainsi, "six spécialistes sur dix se sont installés ces dernières années dans le secteur à honoraires libres". Alors qu'en 2011, ils n'étaient que 4 sur 10. Mais des disparités s'observent selon les spécialités, les chirurgiens, les gynécologues et les ophtalmologues étant les plus attirés par le secteur 2 (plus de 80% d'entre eux), tandis que les radiologues, les pneumologues et les cardiologues s'installent plus fréquemment en secteur 1.

 

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