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La Belgique, nouvel eldorado des soignants Français ?

Depuis des mois toutes les professions de l'hôpital public tentent d'alerter le ministère de la santé sur la mise en danger de leurs soins. Au coeur de cette crise : la pénurie de personnels qui fuient des conditions de travail trop difficiles. Dans le Nord, certains infirmiers préfèrent même aller travailler chez leurs voisins belges... 

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La Belgique, nouvel eldorado des soignants Français ?

Xavier n’envisage pas de quitter la France définitivement mais chaque jour, ce Lillois abandonne sa patrie pour la Belgique… Depuis un an et demi, il travaille dans un service de gastro-entérologie d'un hôpital privé belge, où il gagne 1850 euros net d’impôt par mois. En Belgique, le salaire des infirmiers est en moyenne 40% plus élevé qu’en France.

Une prise en charge plus globale

Mais plus que l’aspect financier, c’est la prise en charge médicale globale des patients qui séduit Xavier. Ici, les infirmiers jouent aussi le rôle d’aide-soignant. «  Ce n’est pas en faisant une prise de sang ou un pansement qu’on va avoir un échange ou un moment propice à la discussion ! C'est lors des soins de confort que de vrais échanges se créent c’est là où le patient dit aux infirmiers ce qu’il n’a pas eu le temps de dire aux médecins » explique Xavier. 

Un exode qui pèse sur les hôpitaux Français

Dans cet établissement, 30% des infirmiers sont français. Farah en fait partie. Ses expériences passées dans les hôpitaux publics en France ne l’ont pas convaincue. Dans ce service de cardiologie, la jeune femme a enfin le sentiment d’exercer son métier en respectant ses valeurs de soignante. «  En fait la différence par rapport à la France c’est que j’ai plus le temps d’établir une relation avec le patient et c’est l’essence même du métier  » détaille la jeune femme. 

Un travail plus humain

Un travail plus humain… mais aussi une évolution professionnelle plus rapide. En France, Farah enchaînait les contrats courts… ici, elle a obtenu un CDD d’un an malgré sa jeune expérience professionnelle.   Contrats longs, récupération des heures supplémentaires, investissements financiers dans les locaux et le matériel… cet établissement a tout pour séduire les infirmiers français. De l’autre côté de la frontière, à quelques kilomètres de là, l’exode des soignants vers la Belgique n’arrange pas la situation des hôpitaux public français. Au centre hospitalier de Roubaix, on peine à pallier les absences. Dernièrement, l’unité hivernale de cet hôpital a d’ailleurs dû retarder son ouverture faute de personnels infirmiers et d’aide-soignants.

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