Psychiatres en grève : "on est obligés de hiérarchiser"

La psychiatrie traverse une crise "sans précédent", alertent les syndicats de psychiatres qui réclament un Ségur spécifique pour redonner de l'attractivité à ce secteur toujours considéré comme le parent pauvre de la médecine.

La rédaction d'Allo Docteurs
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actu hôpital les psychiatres en grève
actu hôpital les psychiatres en grève  —  Le Mag de la Santé - France 5

La psychiatrie publique est en grève ce 29 novembre. Les soignants sont appelés à une mobilisation aux fenêtres du ministère de la santé et des Agences Régionales de Santé (ARS) partout en France. Leurs revendications : davantage de moyens, financiers, humains et matériels.   

Un "Ségur spécifique" pour la psychiatrie

Une grève qui s'accompagne d'un cri d’alarme de quatre syndicats : "La discipline psychiatrique continue de traverser une crise sans précédent et ce, dans un silence assourdissant des tutelles". Ils réclament entre autres un "Ségur spécifique" pour cette spécialité qui est le parent pauvre de la médecine.

"La situation se dégrade", s'inquiète le Dr Jacques Glikman, secrétaire adjoint de l'IDEPP (Intersyndicale de Défense de la Psychiatrie Publique) et psychiatre au GHU Paris psychiatrie et neurosciences. "Elle se dégrade au niveau des effectifs de médecins psychiatres et des effectifs d'infirmiers. Cela se traduit par des fermetures d'unités et de centres de consultation et par des accompagnements très dégradés pour les patients" alerte le médecin. 

"La prise en charge n'est pas optimale"

Et cela entraîne des retentissements sur les patients en psychiatrie. "On est obligés de hiérarchiser, c'est-à-dire de reporter un certain nombre d'interventions pour les situations les moins aigües" déplore le Dr Glikman. Et malgré les efforts des psychiatres, dans ces conditions, "la prise en charge n'est pas optimale".

Actuellement, les jeunes soignants en psychiatrie ne choisissent pas l'hôpital et les soignants en milieu de carrière quittent l'hôpital public pour des modes d'exercices moins contraignants. Pour redonner de l'attractivité à la psychiatrie, il faut selon le Dr Glikman "prendre en compte et valoriser les contraintes liées à la psychiatrie".

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