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Chutes : adoptez les bons réflexes !

Les glissades, faux-pas, pertes d'équilibre… sont des chutes très fréquentes surtout à l'approche de l'hiver. Elles peuvent d'ailleurs avoir de lourdes conséquences. Alors comment agir en cas de chutes et de pertes d'équilibre ? Les explications avec le Dr Gérald Kierzek, urgentiste.

Rédigé le , mis à jour le

Chutes : adoptez les bons réflexes !

Glissades, faux-pas, pertes d'équilibre... gare aux chutes !

Les glissades, faux-pas et autres pertes d'équilibre sur une surface plane sont en fait regroupés sous l'expression "accidents de plain-pied". Ces chutes sont très fréquentes et d'après l'Institut de Veille Sanitaire (InVS), elles sont responsables de 58 % des accidents de la vie courante et de 24 % des accidents du travail avec arrêt de travail. 

Tout le monde est concerné même si les plus jeunes et les plus anciens sont au premier rang de ces accidents.

Les raisons pour chuter sont multiples : sol mouillé, escalier, tapis ou objet encombrant ou encore vitesse de marche trop rapide ou chaussures non adaptées. On parle alors de chute mécanique. L'autre cause de chute est le malaise qui précède la chute et dans ce cas, il est indispensable, quelles que soient les conséquences de la chute de consulter en urgence pour explorer le malaise.

 

Que faut-il faire quand on est témoin d'une chute ? Quels sont les gestes à faire et à ne pas faire ?

Le premier réflexe à avoir est la protection. Rien ne sert de se précipiter à son tour sans avoir pris un minimum de précautions. Si quelqu'un glisse dans l'escalier parce que les marches sont mouillées, verglacées ou viennent d'être cirées, si vous vous précipitez pour porter assistance, il y a de fortes chances pour que vous glissiez vous aussi. Donc essayez de comprendre ce qui s'est passé, cela prend quelques secondes, et anticipez, par exemple en s'approchant prudemment, sans courir et en tenant la rampe.

Dans certaines circonstances, le danger persiste et ne peut être supprimé. Devant l'impossibilité de supprimer le danger et lorsque la victime est incapable de se soustraire elle-même au danger (si elle peut le faire, elle le fera d'elle-même) il faut la dégager en urgence. C'est par exemple le cas d'un incendie en plus de la chute ou encore d'un risque d'effondrement au dessus de la victime. La rapidité de mise en œuvre est essentielle afin de limiter la survenue d'un suraccident mais le dégagement d'urgence doit rester une manœuvre exceptionnelle et ne se faire que lors d'un danger vital, réel, immédiat et non contrôlable. Deux techniques existent et le choix de cette dernière sera fonction de l'accès à la victime, soit par les poignets soit par les chevilles.

 

Une fois tout danger écarté, peut-on ensuite interroger la victime et lui demander où elle a mal ?

Après une chute ou une glissade, dans la majorité des cas, la personne est capable de parler et localiser sa douleur. On va plus précisément rechercher "3 atteintes traumatiques", c'est-à-dire 3 zones susceptibles d'être touchées : le dos, la tête et les membres.

Une victime d'une chute, même de sa hauteur, qui se plaint du dos doit pouvoir bénéficier d'un examen médical voire d'examens radiologiques. L'atteinte traumatique du dos avec la colonne vertébrale et/ou cervicale qui protège la moelle épinière n'est en effet décelée qu'avec des radiographies voire un scanner. Le but de la prise en charge et de maintenir la colonne de la victime dans l'axe en lui maintenant la tête afin qu'il évite de la bouger. Dans la position où on a trouvé la victime, axe tête-cou-tron, ne pas recouvrir les oreilles pour que la victime entende ; se mettre dans une position stable et confortable et contacter ou faire contacter le 15 ou le 18). Le maintien de tête sera maintenu jusqu'à l'arrivée des secours.

 

Que faut-il faire en cas de traumatisme crânien ?

Tout coup sur la tête est appelé traumatisme crânien, du plus bénin au plus grave. Il y a pour le témoin, 2 temps de prise en charge.

Un premier temps pendant lequel on évalue les signes immédiats de gravité qui nécessitent un appel immédiat au SAMU-Centre 15 ou au 18. Les circonstances et la violence du choc sont importantes à prendre en compte ainsi que tout saignement d'oreille, troubles de la conscience, déformation au niveau du crâne ou perte de mémoire. Un seul de ces signes suffit pour un appel aux secours.

En revanche, et c'est le second temps de prise en charge, en l'absence de ces signes et pour un simple coup sur la tête, inutile d'appeler mais surveiller l'apparition de signes secondaires. Il faut par exemple réveiller la victime toutes les 2 heures et s'assurer qu'elle n'est pas seule à la maison… Maux de tête persistants, agitation ou prostration, vomissements ou diminution de la force musculaire ou un engourdissement dans les 24 heures doivent conduire à une consultation en urgence.

 

Que peut-on faire pour un membre fracturé ou douloureux ?

Là encore, l'objectif est de ne pas aggraver/déplacer une fracture. Inutile de tenter la confection d'une attelle avec des morceaux de bois mais simplement immobiliser le membre dans la position la plus confortable, repérer douleur, déformation voire fracture ouverte et alerter les secours. Il ne faut pas mobiliser mais demander à la victime d'essayer de bouger elle-même le membre douloureux et de vous guider.

Il ne faut surtout pas courir. Ca paraît simple mais l'inattention et une vitesse de marche, qui plus est sans regarder où on met les pieds, est un facteur de risque majeur. Le scénario désormais classique est l'envoi d'un texto en descendant les escaliers. On n'est donc jamais à quelques secondes près pour répondre. Sinon, attention au sol mouillé ou verglacé, tenez la rampe et attention aux câbles ou tapis.

 

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