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Pollution : le métro parisien plus pollué que le périphérique ?

Plusieurs études récentes démontrent que les usagers des transports ferroviaires souterrains sont exposés à des concentrations de particules fines très supérieures aux recommandations officielles. Des syndicats alertent sur le fait que le personnel des entreprises de transports respire cet air très fortement pollué près de huit heures par jour...

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Pollution : le métro parisien plus pollué que le périphérique ?

Comme ne cesse de le rappeler l'Organisation Mondiale de la Santé, les particules fines en suspension ont plus d'effets sur la santé que tout autre polluant atmosphérique. Elles se composent d'un mélange de substances, organiques et minérales. Leurs principaux composants sont des sulfates, des nitrates, de l'ammonium, du chlorure de sodium, du carbone, des matières minérales et de l'eau. Les plus fines peuvent atteindre la région alvéolaire et altérer les échanges gazeux à l'intérieur des poumons.

En 2013, les ministères du Travail et de la Santé ont sollicité l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) pour que soit réalisée une étude sur la pollution "dans les enceintes ferroviaires souterraines". Ces travaux doivent être rendus publics dans le courant de l'été 2015.

L'OMS recommande que la concentration moyenne de particules fines d'un diamètre inférieur à 10 microns (PM10) ne dépasse pas les 50 μg/m3 sur 24 heures (25 μg/m3 pour les PM2.5). Mais selon plusieurs études successives réalisées depuis la fin des années 2000, les usagers du métro sont exposés, en moyenne, à des concentrations qui avoisinent la plupart du temps les 200 μg/m3 de particules fines. Ces concentrations atteindraient régulièrement les 500 μg/m3 sur les quais de RER...

A titre de comparaison, les passagers d'une automobile sont exposés à une concentration moyenne de 60 μg de particules fines par mètre cube d'air. Dans un autobus, cette concentration monte à 75 μg/m3. Un piéton s'expose à des concentrations proches de 45 μg/m3, tandis qu'un cycliste inhalerait un air concentré à un peu moins de 40 μg/m3.

"La qualité de l'air du métro est affectée par les particules fines issues de l’usure des pneus, mais surtout des frottements du système de freinage, quand celui-ci est mécanique", explique-t-on à l'Association Nationale pour la Préservation et l'Amélioration de la Qualité de l'Air (RESPIRE).

L'association dénonce le fait que les réglementations actuelles pour l'exposition aux particules fines en milieu confiné soient différentes de celles appliquées en extérieur. Le législateur a en effet considéré que les usagers du métro ne sont que transitoirement exposés aux polluants au cours d'une journée.

Mais qu’en est-il des agents qui travaillent dans ces transports ? "Leur exposition est régie par le code du travail et les articles concernant les émissions de particules fines", s'alarme RESPIRE. "L’INRS précise les conditions d’exposition des agents du métro : le seuil maximum pour les agents du métro est de 5 milligrammes par mètre cube d’air sur une durée de huit heures. Cinq milligrammes équivalent à 5.000 μg/m3 d'air ! "

Mi-mai 2015, des militants de la CFDT-Transport-Environnement a distribué des tracts dans les gares du RER parisien de Magenta / Haussmann (IXe) pour alerter les usagers de l'existence de ce danger. De son côté, la RATP (régie autonome des transports parisiens) affirme prendre en compte le problème, notamment par le remplacement progressif des systèmes de freinages mécaniques de ses rames par des freinages électriques, qui génèrent moins de particules fines.