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Particules fines : le respect des normes sauverait 750.000 vies par an dans le monde

EN BREF - A l'échelle mondiale, le respect des préconisations actuelles de l'OMS relatives aux particules fines PM2,5 permettrait de réduire d'un quart le nombre de décès actuellement liés à cette forme de pollution, selon une étude publiée mi-juin 2015 dans la revue Environmental Science and Technology.

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Particules fines : le respect des normes sauverait 750.000 vies par an dans le monde
Particules fines : le respect des normes sauverait 750.000 vies par an dans le monde

Selon les estimations de l'OMS, la pollution de l’air par les particules fines est responsable de 3,2 millions de morts prématurées par an, soit davantage que le sida et le paludisme combinés (respectivement 1,5 et 1,2 millions par an). Plus de 70% des ces décès surviennent dans les pays d’Asie.

Les particules fines d’une taille inférieure à 2,5 microns (PM2,5) proviennent de la combustion du charbon dans les centrales électriques, des gaz d'échappement automobile et d'autres émissions industrielles. Dans les pays à bas revenus, elles sont surtout produites par des poêles à charbon ou au bois dans les habitations pour cuisiner et se chauffer. Ces PM2,5 peuvent pénétrer profondément dans les poumons, augmentant le risque cardiaque, d'accident vasculaire cérébral et de maladies pulmonaires (comme l'emphysème et le cancer).

Des chercheurs nord-américains (Etats-Unis et Canada) ont développé un modèle informatique permettant de mettre en lien les taux de particules fines et la démographie à l'échelle du globe. Leur analyse a concerné plus particulièrement les particules d’une taille inférieures à 2,5 microns (PM2,5 - voir encadré). En effet, la majorité de la population mondiale vit avec des concentrations supérieures à 10 microgrammes par litre d'air, le maximum souhaitable selon l'OMS. Dans certaines parties d'Inde et de Chine, elles dépassent même les 100 microgrammes.

Selon les analyses des chercheurs, l'Inde et la Chine devraient réduire en quinze ans leur niveau moyen de particules de 20 à 30% pour maintenir leur taux actuel de mortalité, en tenant compte de leur progression démographique (nombre d’habitants et vieillissement de la population).

Mais, malgré de telles réductions, la concentration de particules resterait bien supérieure aux recommandations de l'OMS (10 microgrammes/litre). Pour atteindre ces seuils - qui permettraient d’épargner 750.000 vies par an à l’échelle mondiale -  "des mesures drastiques" seraient nécessaires.

Selon Joshua Apte, référent de l’étude, le modèle informatique élaboré pour cette étude "pourrait aider à concevoir des stratégies pour protéger la santé publique".

Pour réduire de moitié la mortalité due à la pollution de l'air, les pays très pollués devraient abaisser de 68% la densité de microparticules par rapport au niveau de 2010, selon l'étude. Dans les pays moins pollués, comme les Etats-Unis, une réduction de 25% des concentrations de microparticules sauverait 500.000 vies par an, selon ces chercheurs.

Avec AFP

Source : Addressing Global Mortality from Ambient PM2,5. J. S. Apte et coll. Environ. Sci. Technol., 16 juin 2015 doi :10.1021/acs.est.5b01236