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La pollution aux particules fines augmente bien le risque de mortalité

Les particules fines ont un effet à court terme sur la mortalité, même aux concentrations moyennes annuelles inférieures aux seuils par la réglementation européenne, selon des travaux de l'Institut de veille sanitaire (InVS) publiés ce mardi dans son Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire.

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La pollution aux particules fines augmente bien le risque de mortalité
La pollution aux particules fines augmente bien le risque de mortalité

Depuis 1997, l'Institut de Veille Sanitaire (InVS) conduit des études sur l'impact sanitaire de la pollution atmosphérique urbaine "à court terme".

Dans une précédente étude (portant sur des données recueillies entre 2000 et 2006), des chercheurs avaient ainsi comparé la mortalité journalière dans neuf grandes villes françaises avec les niveaux de pollution aux particules fines (particules d'un diamètre inférieure à 10 microns, ou PM10) les jours précédents.

Selon leur analyse, lorsque la concentration de PM10 augmente de 10 µg/m3, le taux de mortalité non accidentelle le jour suivant augmentait faiblement, mais significativement (augmentation estimée entre +0,2% et +1,5%). Concernant les décès liés à une maladie cardiovasculaire, l'augmentation du risque avait été évaluée entre +0,2% et 1,7%.

Les chercheurs notaient enfin que le phénomène était beaucoup plus prononcé en été (augmentation de la mortalité totale non accidentelle estimée entre +2,8% et +5,1%).

Des estimations mises à jour

Les méthodes standard de mesure de PM10 ayant été affinées en 2007, l'InVS a souhaité réaliser une nouvelle analyse.

Ces travaux actualisés(1), portant sur les taux de pollution et la mortalité non accidentelle recensés 17 villes de plus de 100.000 habitants(2) entre 2007 et 2010, ont été publiés le 6 janvier 2015. Ils confirment l'augmentation significative de la mortalité dans la journée suivant celle de la pollution (de +0,08% à +0,94% pour une augmentation de 10 µg/m3). Une augmentation plus nette est également observée dans les 2 à 5 jours suivant l'épisode de pollution, de l'automne au printemps.

Pour les plus de 75 ans, l'augmentation de la mortalité non accidentelle à un jour est plus prononcée (+0,42% à 1,67%).

En période estivale, le sur-risque à un jour pour l'ensemble de la population a été réévalué à la baisse, mais reste significatif (il est estimé entre +0,06% et +2,56%).

Un danger confirmé

Ces données sont cohérentes avec d'autres travaux européens (l'étude MedParticles, portant sur des villes d'Europe méditerranéenne estime le sur-risque de mortalité cardiovasculaire, de 0 à 5 jours suivant une augmentation du taux de PM10 de 10 µg/m, entre 0,09% et 0,99%) et nord-américains.

Les chercheurs ont observé de légères variations dans les taux de mortalité observés dans les différentes villes, qui pourraient être attribuées à des différences de nature chimique des PM10 en suspension dans l'air.

Les chercheurs soulignent que leurs travaux "[confirment] les effets à court terme des PM10 sur la mortalité, même à des concentrations conformes à la réglementation de l'Union européenne (40 µg/m3 en moyenne annuelle) et proches des valeurs guides de l'OMS (20 µg/m3)". Selon eux, les actions qui s'imposent pour lutter contre la pollution atmosphérique doivent "concerner tant les pics que les niveaux de fond".

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(1) Les estimations présentées ne concernent que l'effet propre des particules fines, et tiennent compte des variables environnementales, démographiques et socio-économiques (notamment la densité de population, ou le pourcentage de personnes âgées de plus de 74 ans) qui pourraient influer sur la corrélation.

(2) Bordeaux, Dijon, Grenoble, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nancy, Nantes, Nice, Paris, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse, et l'aire urbaine de Douai-Lens.

 

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