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Lactalis : plusieurs enseignes ont poursuivi la vente de lots pourtant interdits de rayons

Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, appelle à déterminer les responsabilités de chacun.

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Lactalis : plusieurs enseignes ont poursuivi la vente de lots pourtant interdits de rayons
Lactalis : plusieurs enseignes ont poursuivi la vente de lots pourtant interdits de rayons

Carrefour, System U, Auchan. Après Leclerc, trois autres grands groupes de distributions ont annoncé, mercredi 10 janvier, avoir poursuivi la commercialisation de centaines des boîtes de lait infantiles faisant l'objet d'un rappel. De son côté, la Répression des fraudes a indiqué qu'elle était en train de procéder à des contrôles partout en France pour vérifier que les produits avaient bien été retirés des rayons et des stocks dans toute la chaîne de la distribution, des magasins aux hôpitaux en passant par les pharmacies.

Le 21 décembre, Lactalis a procédé au rappel de l'ensemble de ses laits et autres produits infantiles élaborés dans son usine de Craon depuis février 2017 après la découverte d'une contamination aux salmonelles.

Au 9 janvier, Santé publique France a recensé 35 nourrissons atteints de salmonellose et ayant consommé un lait ou un produit d'alimentation infantile de l'usine de Craon, dans les trois jours avant le début de leur symptômes. 18 nourrissons ont été hospitalisés pour leur salmonellose, mais tous sont sortis de l'hôpital, selon la même source.

Carrefour, Système U, Auchan

Le 9 janvier, Leclerc a été le premier à annoncer qu'en dépit du rappel de produits lancé en décembre à la suite de la découverte d'une contamination aux salmonelles dans une de ses usines, 984 produits Lactalis ont échappé à la procédure et ont été vendus dans plusieurs de ses magasins.

Ce 10 janvier, plusieurs grands distributeurs ont admis, chacun à leur tour, avoir vendu des produits issus de lots rappelés : 434 bouteilles de lait infantile et de préparations à base de céréales pour Carrefour, 384 boîtes de lait pour Système U et 52 pour Auchan. Comme un écho, les enseignes ont toutes battu leur coulpe, présentant des excuses à leurs clients.

"Il s'avère que 384 boîtes de lait ont échappé à cette procédure de rappel mise en œuvre dès le 21 décembre, et ont été vendues dans les jours qui ont suivi", a annoncé Système U, qui a "instantanément procédé à l'appel des clients identifiés".

Voir aussi : Comment des laits infantiles visés par un rappel ont pu être vendus chez Leclerc ?

Contrôles renforcés, destruction de stocks

Certains groupes ont annoncé un renforcement des mesures de sécurité, afin de prévenir ces failles qui posent question sur l'efficacité des mesures de rappel.

"Il faudra déterminer les responsabilités et ça sera fait avec la plus grande - je l'espère - rapidité et sévérité si les responsabilités sont avérées", a déclaré à RTL Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement.

À ce jour "nous avons effectué plus de 2.000 contrôles", a souligné Virginie Beaumeunier, directrice générale de la DGCCRF (l'autorité qui supervise le rappel et le retrait de produits), ce 10 janvier lors d'une déclaration à la presse. Elle a insisté sur le fait que "chacun est responsable à son niveau" de la mise en oeuvre de ce retrait, et que ne pas l'effectuer constituait une "infraction pénale".

"Une gestion chaotique de la crise" selon Intermarché

Après l'annonce de Leclerc, d'autres distributeurs, comme Système U, ont décidé de renforcer leurs contrôles, voire de cesser "définitivement" de commercialiser des laits infantiles produits par Lactalis. C'est le cas d'Intermarché, dont le président Thierry Cotillard a tiré à boulets rouges sur Lactalis, dénonçant auprès de l'AFP une "gestion chaotique de sa crise". A ce stade, deux produits ont été remontés dans le réseau, qui effectue des vérifications pour établir si d'autres produits sont passés entre les mailles du filet.

Carrefour, qui dit avoir "été très vigilant sur cette question" du retrait des produits, a parallèlement décidé "la mise en place d'un plan de contrôle renforcé pour s'assurer de la destruction des stocks des produits concernés dans nos magasins", a déclaré une porte-parole à l'AFP.

Pour expliquer le dysfonctionnement, Leclerc évoque "à ce stade" des difficultés liées à la succession de rappels et à une opération promotionnelle, décidée trois mois en amont et dont "les stocks seraient arrivés en magasin avec un étiquetage différent".

avec AFP

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