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Les fongicides à base d'époxiconazole bientôt retirés du marché

L’Anses estime qu’ils présentent un "danger préoccupant" pour l'homme en raison de leur "caractère perturbateur endocrinien". Ils doivent disparaître d’ici un an.

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Les fongicides à base d'époxiconazole bientôt retirés du marché
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Connaissez-vous l'époxiconazole ? En France, cette substance active, qui sert à prévenir et traiter les parties aériennes des végétaux contre les champignons, est utilisée sur près 50% des surfaces céréalières, et sur 70% des surfaces de betteraves. Pourtant, ce fongicide est classé dans les "cancérogènes suspectés" par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Il est en outre "présumé toxique" pour la reproduction humaine.

"Un danger préoccupant pour l’Homme et l'environnement" 

Après l'adoption d'une nouvelle règlementation européenne sur les perturbateurs endocriniens fin 2017, l'Anses s'est donc "autosaisie sans délai" pour évaluer la composition de l'époxiconazole. En se basant sur un guide européen datant de 2018 établissant les critères scientifiques des perturbateurs endocriniens, elle affirme avoir confirmé que l'époxiconazole en fait partie. C’est "un danger préoccupant pour l’Homme et l'environnement", a ajouté l’Anses dans un communiqué publié le 28 mai. Chaque année, 200 tonnes d'époxiconazole sont pourtant commercialisées en France, principalement par le groupe de chimie BASF. En tout, 76 produits sont concernés.

L'Anses va désormais notifier sa décision aux autorités européennes. Celles-ci sont actuellement en train de réévaluer la composition de cette substance, afin de décider d’un éventuel renouvellement d’autorisation d'ici à avril 2020. L’agence a cependant tenu à rassurer : selon sa directrice générale déléguée Caroline Semaille, des alternatives existent. Les triazoles, par exemple, peuvent être substitués à l'époxiconazole. "Les agriculteurs ont déjà probablement un peu anticipé parce que les ventes ont un peu diminué ces dernières années", a indiqué Caroline Semaille à l’AFP.

"Aucun problème de santé" pour BASF

De son côté, BASF conteste les données de l'Anses. Selon le groupe allemand, le chiffre de 200 tonnes commercialisées chaque année en France date de 2015. "Entre 2015 et 2019, les usages ont diminué de 80% en France", a affirmé à l'AFP Jean-Marc Petat, directeur agriculture durable pour BASF France division agro. D’après Jean-Marc Petat par ailleurs, l'époxiconazole "ne pose aucun problème de santé pour les agriculteurs, et absolument aucun risque pour les consommateurs et les riverains. BASF estime en effet que la méthode d'évaluation employée par l’Anses n'est pas liée à des problèmes constatés sur la santé humaine.

Les perturbateurs endocriniens sont des composés chimiques altérant la sécrétion d’hormones et présents dans de nombreux produits de consommation courante, des jouets aux emballages plastiques. On leur attribue des problèmes de fertilité, des croissance, voire l’apparition de certains cancers. Mais la communauté scientifique reste divisée sur le sujet. En l’absence d’une définition claire, l’Anses doit donc publier avant 2021 une liste de perturbateurs endocriniens classés en trois catégories : "suspectés", "présumés" et "avérés".

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