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"J'ai l'anus qui gratte", et si c'était un prurit ?

Parmi les questions que vous n'avez peut-être jamais osé poser : les démangeaisons de l'anus sont-elles inquiétantes ? Elles sont une cause de consultation même si les patients embarrassés hésitent souvent à en parler à leur médecin. La réponse, sans tabou, de notre journaliste Mélanie Morin.

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"J'ai l'anus qui gratte", et si c'était un prurit ?

Lorsque l'on fait une recherche sur Internet avec le terme "J'ai l'anus...", on obtient "J'ai l'anus qui me gratte", puis "J'ai l'anus qui me brûle", "J'ai l'anus irrité", "J'ai l'anus qui saigne", "J'ai l'anus qui me pique"... La requête de l'anus qui gratte génère près de 160.000 résultats sur Internet.

À lire aussi : Les démangeaisons de l'anus, fréquentes et gênantes !

Pourquoi est-ce une zone qui démange ?

L'anus se situe au bout de notre appareil digestif. Il s'agit d'une zone sensible car l'anus est très innervé et recouvert de muqueuse. La muqueuse est une couche de cellules qui lubrifie la partie du corps qu'elle tapisse, et la protège aussi des agressions extérieures. Autour de l'orifice se trouvent la marge anale et aussi de nombreux plis, on parle de "plis radiés" au sein desquels se logent parfois des saletés et des germes.

La constitution-même de l'anus et de son pourtour fait qu'il démange facilement. Dès lors qu'on se gratte, la sensation d'irritation se répand à cause de micro-lésions et de surinfections créées par les ongles et on a encore plus envie de se gratter.

Une zone exposée à d'éventuels germes…

Les matières fécales sont évacuées par l'anus. Il s'agit d'une zone naturellement humide, régulièrement essuyée, parfois mal nettoyée et parfois trop nettoyée ! Entre le contact trop rêche du papier toilette, la macération parce qu'on ne s'est pas bien séché, la transpiration naturelle car le sillon interfessier concentre de la sueur… il n'est pas étonnant que cela provoque des démangeaisons, un "prurit".

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Des mesures d'hygiène à respecter

Les spécialistes conseillent de respecter des mesures d'hygiène simples en cas de prurit anal :

  • après chaque passage aux toilettes, essuyez-vous délicatement avec un papier doux et non parfumé
  • évitez le café, l'alcool et les plats épicés
  • évitez d'appliquer un traitement local sous forme de pommade pour soulager
  • asséchez si besoin et protégez la muqueuse
  • si vous optez pour la méthode japonaise et utilisez le jet d'eau, séchez-vous bien après
  • la toilette quotidienne doit se faire avec un savon le plus neutre possible, on les trouve en parapharmacies.
     

Côté sous-vêtements, privilégiez le coton, beaucoup moins irritant et évitez d'être trop serré dans vos slips et culottes. Et si malgré tout, vous avez envie de vous gratter, coupez-vous les ongles bien courts et surtout, si le prurit dure depuis des semaines, consultez votre médecin. En cas de prurit durable et marqué, ils peuvent prescrire une pommade à base de corticoïdes dont l'usage est bien encadré.

Les causes du prurit anal

Selon les spécialistes, on ne trouve une cause aux démangeaisons anales que dans un cas sur deux. Parfois, les démangeaisons ont déjà cessé quand le patient consulte et il arrive aussi que le prurit soit "psychogène", c'est-à-dire d'origine psychologique un peu comme quand on a envie de se gratter si on parle de puces ou de poux…

Si le prurit persiste, le médecin cherche à savoir depuis combien de temps dure le prurit, si un évènement pourrait l'expliquer, s'il y a d'autres signes comme un amaigrissement, du sang dans les selles ou encore une prise de médicaments. Certains traitements pour l'hypertension artérielle induisent parfois ce type d'effets secondaires. Si le patient est une femme, le médecin peut demander s'il n'y a pas eu de mycose vaginale ou une autre infection qui aurait pu s'étendre. Le diabète peut aussi être à l'origine de telles démangeaisons.

Une consultation peut être nécessaire

Les patients qui souffrent d'un prurit redoutent la consultation mais il faut démystifier la chose. Souvent, le médecin demande au patient de se placer en position genu-pectorale, genoux et poitrine sur la table. Cette position n'est pas très agréable mais elle est efficace pour voir ce qui se passe. Si la personne est âgée ou si son état ne le permet pas, il existe la position sur le côté, le décubitus latéral.

La consultation permet de constater la présence de lésions visibles à l'oeil nu, d'un problème proctologique, c'est-à-dire propre à la zone anale comme les hémorroïdes, les fissures etc. mais souvent cela s'accompagne de douleurs assez marquées et il est difficile de passer à côté. Soit il y a un problème dermatologique, un psoriasis, une éventuelle mycose... Les vers, les oxyures, que l'on peut prélever à l'aide d'un scotch sur le pourtour de l'anus sont une autre cause possible. 

S'il n'y a rien de visible, les médecins peuvent prescrire un dosage sanguin pour rechercher un diabète ou une pathologie de la thyroïde. Si une exploration plus importante est nécessaire, un proctologue peut pratiquer une anuscopie, sorte de petit spéculum en forme de tube, qui permet de visualiser l'intérieur du canal anal et la partie inférieure du rectum. 

Le livre intitulé "Proctologue... et alors ?" de Jean-Luc Saint-Martin permet de dédramatiser la consultation. Plein d'humour et très humain, il rassure les plus anxieux. 

N'hésitez pas à envoyer vos questions gênantes par mail : melanie@allodocteurs.fr

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