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Diabète, les dégâts du sucre

Quatrième cause de décès dans les pays développés, le diabète devrait, selon une estimation de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), concerner plus de 360 millions de personnes dans le monde en 2030. Beaucoup ignorent pourtant les signes et les complications de la maladie.

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Diabète, les dégâts du sucre
Diabète, les dégâts du sucre
Sommaire

Qu'est-ce que le diabète ?

Benoît Thevenet et Philippe Charlier expliquent le diabète

Avec près de 10% de la population mondiale concernée et une progression constante des cas, le diabète est omniprésent. En France, 3,5 millions de personnes en souffrent. Parmi les facteurs favorisant son apparition, il y a bien sûr la malbouffe et la sédentarité mais d'autres causes peuvent aussi l'expliquer. On ne guérit pas du diabète mais on l'apprivoise.

Le diagnostic du diabète

Il se fait grâce à la mesure de la glycémie. Si elle dépasse à deux reprises 1,26 gr/l à jeun, on parle de diabète. Pour le diabète de type 1, la diagnostic peut aussi être posé à n'importe quel moment de la journée s'il est supérieur à 2 gr/l, en présence de symptômes (soif intense, urines abondantes, fatigue, amaigrissement en dépit d'un appétit conservé,...).

Le diabète correspond à un excès de sucre dans le sang. L'organisme ne parvient pas à réguler convenablement son principal "carburant" : le glucose. Quand ce taux dépasse 1,10 g à jeûn, on parle d'hyperglycémie. Quand cette hyperglycémie est persistante et qu'elle dépasse 1,26 g, on parle de diabète.

Il existe deux formes de diabète : le type 1 et le type 2. Le diabète de type 1 apparaît lorsque le pancréas ne produit pas suffisamment d'insuline, on dit qu'il est insulino-dépendant. Il touche les jeunes : l'absence d'insuline empêche l'absorption du glucose et aboutit à une hyperglycémie persistante. Le diabète de type 2, lui, concerne plutôt l'adulte. Quand l'insuline est produite, les cellules de l'organisme ne parviennent pas à l'utiliser correctement. Il y a une sorte de résistance de la part des cellules, ce qui limite l'absorption du glucose, il reste donc en excès dans le sang. On dit qu'il est insulino-résistant.

Dans les deux cas, le taux de sucre est si élevé, qu'une partie se retrouve éliminée dans les urines. La fréquence des mictions augmente alors. Du coup, la personne a constamment soif et boit pour compenser la perte d'eau. La fatigue et la faim sont aussi des signes fréquents. Dans le type 1, ces signes sont souvent associés à une perte de poids.

Les hyperglycémies répétées, prolongées, et le déséquilibre du diabète provoquent différentes complications parfois très graves comme la cécité ou de graves infections du pied.

Quels sont les traitements du diabète ?

Où en sont les traitements du diabète ?

Il s'agit essentiellement d'un suivi de règles alimentaires strictes et de prise de médicaments, dont l'injection d'insuline qui permet au malade de réguler son taux.

Il faut rappeler que ce sont les "à-coups hyperglycémiques" qui sont dangereux pour les artères : celles du coeur (le risque de maladie cardiaque est multiplié par quinze chez les diabétiques), des reins (10% des dialysés sont des diabétiques non traités), des jambes (5.000 amputations chaque année sont également liées à un diabète non traité) et des yeux (le diabète est la première cause de cécité chez l'adulte).

Ces complications apparaissent insidieusement en cas de diabète gras, alors que le diabète maigre se manifeste très vite.

Tant qu'il n'y a pas de complications, les diabétiques ne se sentent pas malades et ont donc souvent du mal à accepter le suivi et les traitements nécessaires. Même quand la maladie est évoluée, le suivi reste difficile.

Les pompes à insuline

La pompe à insuline offre un véritable confort aux patients diabétiques.

Pour les diabétiques de type 1, c'est-à-dire ceux dont le pancréas ne fait plus d'insuline, l'amélioration du traitement passe par les pompes à insuline plus faciles à utiliser. Elles permettent d'injecter durant toute la journée et la nuit, la quantité nécessaire d'insuline.

La pompe à insuline offre une amélioration de la qualité de vie à près de 25.000 patients. Mais 70.000 pourraient potentiellement en bénéficier.

Incrétines : un nouveau traitement prometteur

Point négatif : les incrétines sont des produits très chers, environ 110 euros par mois.

Une nouvelle famille de médicaments est arrivée vers 2007, les incrétines. Ce sont des hormones gastro-digestives qui stimulent indirectement la production d'insuline. Il en existe plusieurs classes. Certaines ont même l'avantage de faire perdre du poids aux diabétiques de type 2, ceux dont les problèmes de nutrition sont importants. Il s'agit d'un outil très intéressant pour les diabétologues.

Vivre avec le diabète

Comment apprendre à vivre avec le diabète ?

Le dépistage est indispensable. Il est simple et fiable : une prise de sang suffit, qui mesure la glycémie (le taux de sucre dans le sang) à jeûn. Par la suite, le prélèvement doit être refait régulièrement.

Doivent notamment se faire dépister dès 40 ans : les personnes qui ont des parents diabétiques, une hypertension, trop de cholestérol ou trop de triglycérides, et donc un surpoids. Les femmes qui ont donné naissance à des bébés qui pesaient plus de 4 kg doivent également se faire dépister.

De plus, du fait de "l'épidémie" d'obésité, le diabète de type 2 touche des personnes de plus en plus jeunes. Les diabétologues souhaiteraient donc voir se développer des tests pour les jeunes.

Il faut rappeler que le taux d'enfants en surpoids est passé de 3% il y a quarante ans à plus de 16% en 2004.

Concernant les facteurs génétiques, on sait que quand un parent est diabétique de type 2, le risque pour les descendants est de 30%, alors qu'il n'est que de 6% dans la population générale. Si les deux parents sont diabétiques, ce taux passe à 50% et la maladie apparaît plus tôt, dès 30-40 ans. Quand aux vrais jumeaux, si l'un est diabétique, le risque pour l'autre est de 90%.

Pour beaucoup de diabétiques, les journées sont rythmées par des piqûres sur le bout du doigt pour vérifier leur glycémie dans le sang. Une contrainte souvent lourde pour ces malades. Aujourd'hui, il existe des alternatives pour mesurer sa glycémie sans se piquer comme les nouveaux capteurs de glucose.

Diabète : en parler pour accepter la maladie

L'annonce de la maladie est un choc pour bon nombre de diabétiques, qui mettent parfois plusieurs mois pour sortir du déni

Rendez-vous médicaux, injections, régime alimentaire... Le diabète bouleverse la vie des patients et peut engendrer des angoisses. À Marseille, une association propose aux diabétiques des groupes de parole pour apprendre à vivre avec leur maladie.

Apprendre à vivre avec le diabète n'est pas facile. Les patients doivent changer leurs habitudes alimentaires et faire face aux nouvelles angoisses que le traitement peut engendrer. En échangeant sur leur maladie, les participants créent des liens et surtout se sentent compris. Pour les plus angoissés, il est important de bénéficier d'un soutien psychologique car le stress peut avoir une incidence négative sur la glycémie.

Diabète : plus besoin de piqûre pour mesurer sa glycémie

Un nouveau dispositif pour traiter le diabète

Avec les années, les traitements pour le diabète s'améliorent, notamment du point de vue technologique. Aujourd'hui, de nouveaux dispositifs permettent de simplifier la vie des diabétiques de type 1.

En cas de diabète de type 1, le pancréas ne fabrique plus l'insuline suffisante pour assimiler le sucre. Le patient doit donc surveiller sa glycémie quotidiennement. Si auparavant, les médecins demandaient aux patients de noter leur glycémie sur un carnet, aujourd'hui de nouveaux dispositifs leur facilitent la vie.

Des boîtiers leur permettent de collecter de précieuses données pour le diabétologue. Ils enregistrent en permanence l'évolution de la glycémie ce qui permet d'accompagner les patients sur l'équilibre de leur diabète. Avantage de taille pour les patients : ils n'ont plus besoin de se piquer le bout des doigts pour mesurer leur glycémie. Le boîtier enregistre les données continuellement grâce à un capteur et les patients font beaucoup moins d'hypoglycémie.

Autre nouveauté, une mini-pompe installée sur le bras du malade qui délivre de l'insuline. Le patient n'a qu'à rentrer son taux de glycémie dans une télécommande et la machine prend le relais.

Contrôle permanent du taux de glycémie grâce au boîtier, diffusion précise des doses d'insuline avec la pompe... Autant de nouveautés qui facilitent le quotidien des malades. Seuls les diabétiques de type 1 et les diabétiques de type 2 faisant au moins trois injections par jour bénéficient d'un remboursement pour ces deux dispositifs.

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